22 août 2013

La Fille du capitaine - Alexandre Pouchkine

« La situation de la contrée entière où s'était déchaîné l'incendie était effrayante. Dieu veuille que nous ne voyions pas une révolte à la russe, absurde et sans merci. Ceux qui rêvent chez nous d'impossibles révolutions ou sont des jeunes gens qui ignorent notre peuple, ou vraiment des gens au cœur cruel, pour qui leur  peau ne vaut pas plus d'un kopeck et la tête des autres pas plus d'un quart de kopeck. »

Titre original : Kapitanskaïa dotchka
Auteur : Alexandre Pouchkine
Éditeur : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 222 pages
3,50€

sumé :
A l'âge de seize ans, sur ordre de son père, Piotr Andréïtch Griniov gagne le fort de Bélogorsk où il va servir et, parce qu'il est noble, devenir d'emblée officier. Quoique la vie de garnison ne fût pas faite pour le séduire, son existence devient vite plaisante, en particuleir grâce à la présence de Maria Ivanovna, la fille du capitaine, qu'il souhaiterait épouser. Mais, au début d'octobre 1773, on apprends que le cosaque Pougatchov vient de réunir une bande de brigands et se fait passer pour Pierre III, le défunt époux de Catherine II : il ne va pas tarder à prendre le fort d'assaut et ce sera, pour Griniov, l'occasion démontrer qu'il est bien le « chevalier » de Macha.

Mon avis :
En 1773, Griniov est envoyé au fort de Bélogorsk sur ordre de son père, comme membre de l'armée russe. Cette même année, un Cosaque nommé Pougatchov mène une guerre contre la Russie impérialiste en se faisant passant par le tsar mort quelques années auparavant. A travers les souvenirs de Griniov, on suit les pérégrination de ces deux hommes, qui ne vont jamais cesser de se croiser.
Quelle merveilleuse introduction à la littérature russe ! J'avais déjà tenté de lire Anna Karénine il y a quelques mois sans succès mais je voulais vraiment découvrir la littérature russe qu'on encense tellement. Maintenant, c'est fait et je suis conquise ! Pris au hasard dans la bibliothèque, je pense que je tenterais un autre roman de cet auteur s'ils sont tous du même acabit.
Se basant sur un fait historique que les Russes aimeraient oublier (l'usurpation de l'identité du tsar défunt par Pougatchev dans les années 1773-1774), Pouchkine nous livre un livre d'environ 200 pages sur l'apprentissage de la vie mêlée à une superbe chronique sur les mœurs de l'époque. On suit l'histoire de Piotr Andreïtch Griniov, jeune homme dissolu de seize ans qui se retrouve enfermé dans ce qu'il considère comme le bout du monde et qui y découvrir les joies et les peines de l'amour. En parallèle, on découvre la vie – et la vérité – sur cet homme qui se fait passer pour le tsar et qui veut renverser Catherine II la Grande.
Lié par le destin, quoi qu'ils en disent, ils ne cessent de se rencontrer, Pougatchov se trouvant toujours dans une position de supériorité. Je dois avouer que certaines situations m'ont parues légèrement tirées par les cheveux – même pour l'époque – mais ça n'enlève rien au charme de ce livre. J'ai adoré suivre l'histoire de ces deux hommes où s'entremêle la grande Histoire. C'est pour dire, je l'ai dévoré en trois petites heures.
Le seul reproche que je ferais est l'édition que j'ai entre les mains. Edité par Le Livre de Poche en 2006, elle contient une assez longue introduction – presque 20 pages ! - dont j'ai abandonné la lecture au bout de 3 pages. Les introductions sont souvent agréables mais là, elle racontait toute l'histoire... J'ai préféré l'abandonner pour garder un minimum de suspense et de surprise pour ma lecture mais c'est vraiment le seul point noir du livre à mes yeux.

Une bonne découverte de la littérature russe pour toutes les personnes qui peuvent se sentir effrayé par les pavés de Tolstoï ou Dostoïevski.

3 commentaires:

  1. Je note!

    Par contre j'ai toujours comme toi avec ce genre de roman dans ces éditions.. Toujours une énorme préface où tout est raconté! J'en ai arrêté plusieurs à cause de ça, dégoûtée de savoir déjà la fin..

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    1. A croire que les personnes écrivant ces préfaces aiment se faire spoiler l'histoire avant de commencer un livre ^^"

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  2. Personnellement, je lis Eugène Onéguine de ce cher Pouchkine. =)
    Un jour viendra où je découvrirais La Fille du capitaine, un jour!
    Mais tu sais, Tolstoï et Dostoïevski sont très gentils avec leurs lecteurs, je t'assure, faut juste se réserver une année entière pour lire un de leur roman! ^^'

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