4 août 2013

La maison des sept femmes - Leticia Wierzchowski

« Il y a quelque chose en ces hommes. Quelque chose de surhumain, de divin, d'animal. Quelque chose qui va au-delà des frontières de la chair. Qui vient du sol, une énergie vibrante qui les nourrit à chaque lieue parcourue, qui insuffle en eux la force de continuer malgré toutes les tempêtes, en dépit du plus rigoureux des hivers, et qui leur fait oublier les défaites subies. »

Titre original : A Casa das Sete Mulheres
Auteur : Leticia Wierzchowski
Editeur : JC Lattès
Nombre de pages : 537 pages
22€

sumé :
Brésil, 1835. Les grandes propriétaires terriens du Sud réclament l'indépendance de leurs provinces face à l'Empire. A leur tête, le général Bento Gonçalves da Silva. Bien qu'il envisage un conflit court, il prend soin de protéger sa famille en conduisant sa femme, ses soeurs et ses nièces dans l'Estancia de la Barra, propriété isolée où elles vont attendre la fin de la guerre. Celle-ci durera dix ans. Dix ans à la poursuite de la liberté pour les esclaves du Rio Grande do Sul et de l'autonomie pour les grandes province sud Sud.
Dix ans de vie dans la pampa pour ces sept femmes qui voient leur existence bouleversée. Dans ses carnets, la jeune Manuela décrit l'attente, les espoirs, les doutes et surtout ses sentiments envers le jeune révolutionnaire Guiseppe Garibaldi.


Mon avis :
En 1835 éclate la Révolution des farroupilhas au Brésil, décidés à obtenir l'indépendance du Rio Grande do Sul pour contrer la politique économique de l'Empereur. Leur chef, Bento Gonçalves da Silva décide d'envoyer les femmes de sa famille se réfugier dans l'Estancia de Barra, une résidence isolée pour les protéger. Durant les dix années suivantes, elle y resterons attendant la fin de cette guerre civile qui n'en finit pas. Quiconque suit mon blog sais que j'adore terriblement l'histoire, je ne pouvais décidément pas passer à côté de ce livre. A peine ai-je lu le résumé que je me suis dit que ce livre était pour moi. J'en ressors conquise quoiqu'un peu déçue par certains détails.
L'histoire est passionnante de bout en bout. On découvre un autre pays, un autre continent à une autre époque tout en apprenant de nombreuses choses sur une révolution dont on parle peu dans nos contrées. J'ai découvert une période de l'histoire du Brésil que je ne connaissait absolument pas et j'ai été enchanté par ça mais, je ne vous ferrez pas croire que tout le livre est centré sur cela, c'est un peu faux. On vit la révolution farroupilha, c'est vrai, mais d'un point de vue externe pendant une grande partie du récit. En effet, cette histoire est racontée et vue du point de vue des femmes coincées dans cette estancia perdue, attendant chaque jour des nouvelles qui n'arrivent pas ou peu. C'est une vision très intéressante à mes yeux, on montre peu souvent la guerre du point de vue féminin, du point de vue de ceux qui attendent le retour de leurs familles. De plus, elle est basé sur des personnages réels, ce qui rend cette histoire encore plus passionnante !
Le petit problème est la multitude de personnages. J'ai mis une bonne centaines de pages avant d'intégrer qui était qui et quel étaient les liens familiaux entre chaque personnages mais rien de bien dérangeant à mon goût. Par contre, je ne suis pas vraiment fan des histoires d'amour – qu'elles finissent bien ou mal – et là, ça n'a pas loupé. A la fin de chaque chapitre, on a un morceau des cahiers de Manuela – une des femmes de l'Estancia – qui donne des informations supplémentaires sur certaines choses et... dès qu'elle parlait de l'amour de sa vie, j'étais beaucoup moins enthousiasmée que pour les autres parties. L'autre problème de ces « cahiers » est qu'elle raconte certains destins, certaines actions futures (cf l'histoire de Rosario). Ça m'a terriblement frustrée de savoir les choses à l'avance.
Le véritable gros problème est la cohérence des temps et de la chronologie. Combien de fois je me suis retrouvée à relire la page précédente parce qu'on passait dé l'été à l'automne en 15 lignes ? Combien de fois, j'ai été désagréablement surprise de passer du prétérit au présent de description, sans prévenir ? C'est vraiment pas agréable à la lecture mais je ne sais pas si c'est la traduction qui a eu un problème ou si l'édition originale était comme ça. Concernant la chronologie, j'ai eu aussi quelques difficultés à me mettre dans la tête que le Brésil, c'est dans l'hémisphère Sud et que dans ce cas, leur été est notre hiver et notre été est leur hiver.

Pour conclure, j'ai passé un agréable moment, j'ai été enchanté par cette histoire mais il y a quelques petits points qui auraient pu être améliorés pour permettre une lecture moins désagréable à certains moments. Merci à Livraddict et JC Lattès de m'avoir fait confiance pour ce partenariat !

4 commentaires:

  1. Je suis rassurée de ne pas être la seule à m'être emmêlé les pinceaux au milieu de tous ces personnages!
    Je l'ai visiblement encore moins aimé que toi, mais j'admets que ça reste une lecture intéressante.

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  2. C'est un livre qui me tentait plutôt bien mais je n'avais pas postuler au partenariat ! Si je peux me le procurer, je le ferai sans doute car ton avis me donne encore plus envie de le découvrir malgré les défauts que tu soulèves :)

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    1. Ne te retient pas si tu le trouve, c'est une bonne histoire malgré les quelques défauts que j'aborde !

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  3. J'ai adoré également découvrir cet épisode de l'histoire brésilienne que je ne connaissais pas du tout ! C'était captivant d'un bout à l'autre. Par contre je n'ai pas compris l'intérêt des lettres ou du journal intime qui ne possèdent pas un style propre au personnage qui écrit... J'avoue que ça m'a un peu déstabilisée et déçue... Mais je reste très heureuse de cette découverte littéraire...

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