25 septembre 2013

Le divan de Staline - Jean-Daniel Baltassat

« La longue expérience enseigne cependant une chose : la mort est le souci des faibles. Il y a plus que la mort, l'éternité. Une affaire qui ne se réduit pas à la survie d'un sac d'os et de chair. L'éternité : rester vivant dans l'esprit de nos survivants ainsi que ces astres éteints depuis des milliards d'années qui continuent d'éblouir nos nuits et nos ciels. »


Auteur : Jean-Daniel Baltassat
Éditeur : Seuil
Nombre de pages : 308 pages
19€

sumé :
1950. Borjomi, Géorgie.
Pour quelques jours, Staline se retire au pays natal dans le palais décadent de feu le grand-duc Mikhailovich. A la demande de la Vodieva, qui prétend l’avoir toujours aimé et ne lui avoir jamais menti, il y reçoit le jeune peintre prodige du réalisme soviétique, Danilov, concepteur d'un monument d'éternité à la gloire du Petit Père des Peuples.
Dans le bureau ducal, un divan identique à celui de Freud à Londre. Même kilims sur la couche et aux murs. « Que Staline dorme sur le divan du charlatan viennois, j'en connais à qui ça plairait de l'apprendre », dit Iossif Vissarionovitch.
On a beau être dans l'âge de la grande usure des émotions, on a encore le gout du jeu.
Voilà comment les choses vont se passer : pendant que Danilov subira les interrogatoires du redoutable général Vlassik, Staline s'installera sur le divan et la belle Vodieva prendra le fauteuil. Elle pratiquera la prétendue technique d'interprétation des rêves du charlatan tandis que lui se souviendra de ses histoire de nuit. L'enfance, sa mère, les femmes. Et surtout, le plus grandes pères menteurs : Lénine. Mais qui, mieux que Iossif Vissarionovitch Staline, saurait faire d'un mensonge une vérité et d'une vérité le mensonge ?
« Camarade Danilov, dit-il, la vie est devenue meilleure et plus gaie, voilà l'éternité de Staline. »
Danilov tremble devant celui qui sait tout et peut tout. Il tremblerait plus encore s'il savait ce qui l'attends.

Mon avis:
En 1950, Staline vient passer quelques jours dans sa résidence de Borjomi en compagnie de sa maîtresse et de son état-major car il veut rencontrer un jeune artiste qui a eu l'idée d'un monument à sa gloire. Dans ce lieu clos, entre soupçon et réalité, la vie va prendre un tour étrange pour le Petit Père de Peuple qui va replonger dans ses vieux souvenirs.
Il est vrai que mon résumé est un peu différent du résumé de Seuil mais je trouve que ma version est plus proche du livre que j'ai lu que l'autre. En effet, on suit Staline qui allongé sur son divan semblable à celui de Freud raconte ses rêves à sa maîtresse la Vodieva. Ça donne envie, un résumé comme ça ? Entrer dans la tête de Staline et découvrir ce qui s'y cache mais le roman n'est pas à la hauteur de son résumé. C'est une grosse désillusion pour moi, j'ai mis presque un mois à le lire, c'est pour dire. Je n'arrivait tout simplement pas à rentrer dedans.
Le thème me passionne (j'adore tout ce qui touche à l'histoire contemporaine) mais le style de l'auteur m'a très vite rebuté. Des phrases longues, tellement longues qu'on en oublie le début lorsqu'on arrive à la fin beaucoup trop imagées à mon goût. A cela, il faut associer à certains moment des successions, des listes de noms propres ou d'objets qui n'ont pas vraiment d'intérêt pour l'histoire en elle-même. J'ai aussi été rebuté par la fçon dont le livre est écrit. Les points de vue interne et externe se succède sans cesse, on alterne à presque chaque paragraphe de discours direct à des discours indirect sans indication, ce qui fait que le lecteur se perds très – trop – vite. Certaines fois, il fallait que j'attende la fin du texte pour comprendre qui parlait à qui, c'était très désagréable...
Il est vrai que le style ne m'a pas du tout plu mais j'ai aimé le thème abordé par l'auteur, c'est-à-dire, l'éternité et les souvenirs qu'on laisse à ceux qui reste. Que ça soit en parlant de Lénine ou de sa seconde femme Nadejda, le personnage repart toujours sur ce thème. C'est un sujet qui m'intéresse là aussi, la façon dont on reste dans les mémoires des autres après sa mort mais là encore, la vision que l'auteur était trop embrouillée pour qu'elle m'entraîne dans une vraie réflexion. Sous une autre forme, je sais que je me serais parlé à moi-même pendant plusieurs jours sur ce thème, pour essayer de me faire ma propre opinion. Là, en rédigeant cette chronique, alors que j'ai fini mon livre hier, j'ai beaucoup de mal à me souvenir de certains passages de l'histoire.


Une grosse déception qui me peine car j'avais été emballée par le résumé. Un texte trop compliqué pour un sujet qui était pourtant intéressant à la base. Dommage, ça sera pour une prochaine fois !

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