25 octobre 2013

Ce qu'il advint du sauvage blanc - François Garde

« S'il répondait à mes questions, il se mettait dans le danger le plus extrême. Mourir, non pas de mort clinique, mais mourir à lui même et à tous les autres. Mourir de ne pas pouvoir être en même temps blanc et sauvage. »

Auteur : François Garde (Prix Goncourt du Premier roman 2013)
Éditeur : Folio
Nombre de pages : 384 pages
7,60€

sumé :
Au milieu du XIXe siècle, Narcisse Pelletier, un jeune matelot français, est abandonné sur une plage d'Australie. Dix-sept ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard : il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher à la manière de la tribu qui l'a recueilli. Il a perdu l'usage de la langue française et oublié son nom. 
Que s'est-il passé durant ces dix-sept années ? C'est l’énigme à laquelle se heurte Octave de Vallombrun, l'homme providentiel qui recueille à Sydney celui que l'on surnomme alors le « sauvage blanc ».

Mon avis :
En 1858, alors âgé de dix-huit ans et mousse sur une goélette, Narcisse Pelletier est abandonné sur une plage d'Australie. Déclaré mort par l'équipage, il sera retrouvé dix-sept ans plus tard par des marins anglais. Il vit nu, est tatoué sur tout le corps et s'est acclimaté au mode de vie de la tribu qui l'a adopté. De retour à la vie « civile », il va devoir réapprendre à vivre comme un Européen.
Je ne sais pas par où commencer. Tout d'abord, remercions Livraddict et les éditions Folio pour ce petit bijou qui m'a captivé (et qui captive ma mère à l'heure actuelle). Je ne connaissais pas du tout cette histoire de « sauvage blanc » et j'ai été fascinée de la découvrir au travers de ce roman qui est un petit coup de cœur pour moi !
Divisé en deux parties, l'auteur raconte deux moments de la vie de Narcisse : son abandon sur l'île et son retour chez les Blancs. Concernant ce premier point, j'ai beaucoup aimé, bien que je sache que c'est romancé, cette image que l'auteur donne des sauvages. Il n'utilise pas de préjugés, d'idées alors qu'il pourrait sachant que son histoire se déroule au XIXe siècle, ce que je trouve admirable. Il raconte la vie, ou plutôt le mode de vie, d'une tribu australienne, une tribu qui n'a pas encore été envahi par l'homme blanc. J'ai beaucoup aimé ce retour à la nature, aux choses simples (ils vivent nus) que nous apprends les nouveaux compagnons de Narcisse. Étant une « Blanche », je suis offusquée de la façon dont on a pu traiter les tribus et les peuples des ces territoires pendant des décennies. Dans ce roman, François Garde nous raconte qu'ils étaient en fait comme nous, avec juste quelques différences. La deuxième partie est encore plus passionnante, c'est celle qui m'a le plus enchantée. On découvre la vie de Narcisse à travers le comte de Vallombrun , qui l'a pris sous son aile pour le ramener à Paris. On découvre ses efforts pour réapprendre le français, pour se réadapter à la vie « normale » et on se rend compte que on se prend sacrément la tête dans nos pays. Ce point de vue extérieur qu'offre Vallombrun en écrivant des lettres au Chef de la Société de Géographie de France est très intéressant. On découvre les hypothèses qu'il émet et il permet de garder une grande part de mystère sur les véritables sentiments de Narcisse face au monde qu'il redécouvre. Un petit point noir est que... il est vraiment trop court. J'aurais pu lire des pages et des pages de cette histoire, tellement que j'ai fini par aller chercher la biographie « officielle » de Narcisse Pelletier sur Internet !
En parlant de Narcisse, je dois avouer au monde que je me suis terriblement attachée à cet homme. Déboussolé par son nouvel environnement, son côté naïf m'a de suite conquise mais aussi son côté « je comprends quand j'ai envie de comprendre » m'a fait beaucoup rire (surtout dans ses relations avec le sexe opposé). Cette double face de l'homme est enrichissante, autant pour nous, que pour son protecteur qui cherche à en décoder les codes. Par contre, il m'a très vite exaspéré lorsqu'il arrive en Australie, avec ses préjugés. J'avais envie de le claquer en lui disant « Mais... mais tais-toi, tu va vivre 17 ans avec eux ! » surtout que les membres de la tribu paraissait tellement... doux et calmes. Surtout la vieille que j'ai tout de suite adoptée et que j'ai aimé découvrir au fil des pages (et des souvenirs de Narcisse plus tard). Vallombrun, je sais pas vraiment quoi en penser. Sur certains points, il m'a exaspéré et sur d'autres, je l'ai trouvé touchant. Exaspérant à essayer de tout penser comme un scientifique, sans se dire que peut-être, il n'y a pas de raison à certains événements mais en même temps, touchant dans sa relation avec Narcisse et dans ce qu'il entreprend pour lui.
Cet ouvrage, écrit d'une plume sans de fioriture, qui ne cherche pas à embrouiller le lecteur dans une centaine d'informations, est une mine d'or sur la relation entre les Blancs et les peuples colonisés au XIXe siècle. On apprend une manne de choses qui ne laissent pas indifférentes, sur les modes de vie, la vision des colonisateurs et puis, sur l'Australie. La description des paysages m'a encore plus donné envie de visiter ce pays qui me fascine déjà beaucoup ! J'aurais aimé aussi en apprendre un peu plus sur la vie de Narcisse chez les aborigènes, on en sait trop peu, on ressors avec beaucoup de questionnement et arg... j'aime pas ça !

Un petit coup de cœur car j'aurais aimé que l'histoire continue encore et encore. Je ne me suis pas lassée de Narcisse et Vallombun. Je le conseillerais à tous ceux qui aime les histoires qui font voyager et qui ne sont pas contre des romans qui ne donnent pas toutes les clés à la fin.

3 commentaires:

  1. Ah super, ce livre m'a l'air très intéressant. Je prend note ;)

    Bonne continuation !

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  2. Je n'ai jamais entendu parler de ce livre mais une chose est certain à présent : il me le faut ! :)

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