20 décembre 2013

Avenue des Géants - Marc Dugain

« L'homme ne naît pas bon pour être ensuite corrompu par la société. C'est un reptile poursuivi par une civilisation à la laquelle il essaye en permanence d'échapper. »


Auteur : Marc Dugain
Éditeur : Folio (2013)
Nombre de pages : 420
7,10€

sumé :
Al Kenner serait un adolescent ordinaire s'il ne mesurait pas près de 2,20 mètres et si son QI n'était pas supérieur à celui d'Einstein. Sa vie bascule par hasard le jour de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Plus jamais il ne sera le même. Désormais, il entre en lutte contre ses mauvaises pensées. Observateur intransigeant d'une époque qui lui échappe, il mène seul un combat désespéré contre le mal qui l'habite.

Mon avis :
Al Kenner est atypique. Mesurant près de 2,20 mètres et affublait d'un QI plus grand que celui d'Einstein, il cherche sa place dans le monde, entre un père qui n'ose pas l'aimer et une mère tyrannique. Plongeant au coeur des racines du mal, Marc Dugain nous conte l'histoire ce tueur hors-norme pour le meilleur, et pour le pire.
Bon. Bon. Que dire ? Surtout, par quoi commencer ? Parlons du thème. Les tueurs en séries. Enfin, plutôt le tueur en série. Merveilleusement bien romancé, on suit le parcours chaotique d'un des grands tueur en série des États-Unis. On ne sait lequel jusqu'à la fin, jusqu'à la postface et j'ai adoré ça. Ca va vous paraître assez fou mais j'aime bien ce qui touche aux tueurs, à leur descentes aux enfers et ce livre n'a pas échappé à la règle. Durant toute l'histoire, j'ai cherché, je me suis creusée la tête, pour savoir à quel tueur en série correspondant Al. Et j'ai été bluffé car je ne trompais sur toute la ligne. Chapeau monsieur ! Certains blogueurs ont trouvés que Marc Dugain cherchait à justifier les actes de son personnage mais ce n'est pas du tout mon cas. Je ne vois pas justification dans son histoire, juste une façon d'essayer de comprendre comment on en arrive à tuer. Le livre sonne très juste pour cette raison. Par contre, j'ai eu une désagréable sensation à la fin du livre en lisant le nom du tueur, en me rendant compte que pendant ma lecture, j'ai eu de l'empathie pour lui, pour sa vie qui n'a pas toujours été facile. L'auteur a donc atteint son but. Encore une fois, chapeau monsieur !
De plus, j'ai beaucoup aimé l'alternance entre passé et présent et surtout, l'alternance entre les points de vue. Comme je l'ai dit, j'ai eu de l'empathie pour le personnage principal, en particulier parce qu'on a accès à ses pensées, ses peurs, ses doutes. Il en devient plus humain, moins monstrueux. Je n'aurais pas eu la même réaction en lisant son histoire dans un livre de Stéphane Bourgoin par exemple (si vous ne savez pas qui il est, vous ratez votre vie). Surtout, dans les passages dans le passé, j'ai été séduite par l'ambiance des années 60 américaines, décennie des rêves et des espoirs de la jeunesse. Je suis fascinée par cette ambiance, par cette décennie que j'aurais aimé connaître alors je me console avec des livres comme celui là. J'ai bu par toutes les pores de ma peau les références, les sous-entendus sur cette époque pour m'en imprégner. On peut aussi noter que bien qu'il ne date pas son récit, il lance des indices, une phrase dans une conversation par exemple, qui permet de donner une date approximative des faits. D'un certain côté, j'ai aussi vu ce livre comme une ode aux grands espaces américains, qui ont leur part belle dans le récit. Ça m'a donné envie de prendre un avion et d'aller me perdre dans les forêt de séquoia californienne. Triple chapeau monsieur !
J'ai aussi lu que certains trouvaient la fin « surprenante » et je ne vois pas vraiment pourquoi. Le résumé donne la couleur dès le départ. Même si moi, elle ne m'a pas surprise, je l'ai trouvé fascinante, comme j'ai trouvé son personnage fascinant. On sait ce qu'il va annoncer et pourtant, jusqu'au dernier instant, je ne voulait pas y croire. J'avais tellement d'empathie pour lui que je ne pouvait pas croire qu'il l'ait vraiment fait. Et il l'a fait. Je m'en doutais dès le passage dans le communauté du nord de San Francisco mais là, j'ai été prise dans un tourbillon de révélation sans pouvoir m'en détacher. Quadruple chapeau monsieur !

Fascinant, dérangeant mais addictif, un portrait saisissant sur un personnage hors-norme. Ouvrez-le et vous verrez, vous ne pourrez plus le lâcher. Merci à Livraddict et Folio pour ce livre.

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