15 décembre 2013

Pain amer - Marie-Odile Ascher

« La Russie n'existe plus, monsieur. Vous emmenez vos enfants en URSS. Ce n'est pas le même pays. »


Auteur : Marie-Odile Ascher
Éditeur : Pocket (2012)
Nombre de pages : 472
7,10€

sumé :
Ils étaient des milliers à avoir fui la révolution bolchevique et la guerre civile. En 1946, auréolé de sa victoire sur le nazisme, Staline les rappelle à la mère patrie : l'URSS. Ils seront quelque quatre à six milles « Russes blancs » exilés à suivre l'étoile rouge et les promesses du Petit Père des peuples.
Parmi eux, Marina qui, bien que se sentant française, suit les siens dans leur voyage de retour. Elle laisse Marc, son grand amour, certaine de revenir bientôt sur la Côte d'Azur, l'épouser. Pour l'instant, un long périple l'attend. Elle ne se doute pas qu'une fois arrivée, se dressera entre elle et ses rêves d'avenir le mur du totalitarisme.

Mon avis :
Sorti victorieux de la Seconde Guerre mondiale, Staline décide de faire revenir les Russes blancs ayant fui le pays lors de la guerre civile en 1920. Parmi ces familles, il y a celle de Marina, qui vit aujourd'hui à Nice, sur la Cote d'Azur. Nostalgiques de leur pays, ses parents ne vont pas hésiter à rentrer au pays. C'est ce voyage que nous compte Marina, des années plus tard...
Dans le résumé, j'ai vu « Staline », « Russes blancs » et « retour au pays » et j'ai pas résisté à le prendre. J'ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman difficile mais plein d'espoir. Je suis tombée sous le charme de l'histoire, de l'écriture mais aussi de l'ambiance du livre. Je vais vous dire pourquoi.
Tout d'abord l'histoire en elle-même m'a passionné de bout en bout. J'ai aimé suivre Marina et sa famille de Nice à la mer Noire, voir leurs espoirs et leurs craintes, leurs épreuves et leurs joies. Je dois avouer qu'au début, l'image « idyllique » de l'URSS offert aux Russes expatriés m'a doucement fait rigoler et en y réfléchissant, on se rends compte qu'ils y ont tous cru. Comme des fous. Parce qu'ils voulaient retrouver leur pays. Je peux comprendre cette nostalgie de son pays natal mais tomber aussi facilement dans le piège de Staline, ça m'a fait halluciner. A un certain moment, Marina commence à avoir des doutes, des appréhensions. J'ai adoré suivre le cheminement de sa pensée, ses espoirs et surtout ses déceptions. Passer la frontière pour ne plus jamais revenir. On découvre l'envers du décor, la réalité rejoint la fiction et on est plongé en plein cœur de la famine de 1946-1947 qui ravagea la Russie. Même si le fait que Marine ne regarde pas la réalité en face peut énerver, on est vite emporter par cette histoire de survie familiale. J'avais envie de savoir la suite, de savoir comment ils allaient s'en sortir, s'ils allaient tous s'en sortir. On est pris au tripes, on ne veut pas lâcher avant de savoir s'ils vont survivre à ce premier hiver russe.
Marie-Odile Ascher a réussi le tour de force de compter l'histoire de toute une famille en utilisent un point de vue interne, celui de Marina. On est plongés au coeur de ses pensées et surtout de ces souvenirs. J'ai aimé cette façon de raconter, comme si c'était Marina qui nous contait à l'oreille son histoire. C'est très inattendu et j'ai aimé car cela offre une autre perspective au livre. Lorsqu'elle raconte, Marina connait déjà le fin mot de l'histoire et cela se ressent dans certaines pages, certaines expressions. C'est aussi bien tourné contrairement à certains livres, car elle ne spoile pas les événements futurs. Elle parsème le livres d'indices mais elle ne raconte pas de but en blanc ce qui va se passer après. Un bon point à mon avis. L'ambiance est délectable, elle aussi, car elle nous emmène et nous fait découvrir le froid polaire, les terribles températures de la Sibérie. J'ai souvent eu froid avec Marina et sa famille alors que j'étais bien au chaud, collée à mon radiateur.

Un très bon livre sur un fait assez méconnu du XXe siècle. Sans chichis, ni pathos, Marie-Odile Ascher nous livre un beau livre sur l'espoir.

1 commentaire:

  1. Il me tente beaucoup ! Je note le titre ^^ Dis voir, je me demandais si tu souhaitais toujours faire le swap doctor who, si oui, si ça te disais d'être en binôme avec moi ? Mon binôme ne peut plus le faire et comme j'aime bien visiter ton blog et que j'ai vu que tu voulais faire le doctor four ^^ Je me suis dit que c'était un challenge supplémentaire mais marrant (pour le doctor four hein ;) ) ! Bonne journée miss

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