5 avril 2014

La couleur pourpre - Alice Walker

« Moi je crois que Dieu c'est tout. Tout ce qui est, qui a été et qui sera. Et si tu arrives à sentir ça et que ça te rend heureuse, alors c'est que tu l'as trouvé. »


Petite anecdote pour commencer : j'ai découvert ce livre en semaine et le week-end suivant, je l'ai trouvé dans un bac de la vente Amnesty proche de chez moi. Y'a un petit coup de pouce du bon Dieu, je crois. Je n'ai pas mis longtemps avant de l'ouvrir et je suis toute... whaouh maintenant.
Écrit sous forme épistolaire, on suit les lettres que s'écrivent Célie et Nettie au fil des années. Les premières sont celles de Célie exclusivement et je dois avouer qu'au premier abord, le style m'a déboussolé. Célie est une jeune femme noir du fin fond des États-Unis, qui n'a reçu aucune éducation et ça se sent. Elle écrit comme on appellerais vulgairement « petit-nègre » avec des phrases mal formées et des conjugaisons hésitantes. Pourtant, on finit très vite par s'y habituer. On s'attache à Célie, malchanceuse mais qui continue d'espérer revoir un jour sa sœur. J'avais envie de la serrer dans mes bras tout le long du livre, de lui faire des bisous pour la consoler et de l'emmener loin de son stupide époux. En même temps, on la voit grandir et s'épanouir au fil des pages, devenir indépendante et ça m'a plut. Pourtant, ses centres d'intérêts ne changent pas : Nettie et ses enfants. Elle est touchante lorsqu'elle parle d'eux et j'ai complètement craqué pour ce personnage.
Face à elle, on trouve Nettie, la petite soeur qui est allée à l'école avant de devenir missionnaire en Afrique. J'ai eu moins de tendresse pour elle, même si sa vie n'est, je trouve, pas mieux que celle de sa soeur. « Vieille fille » noire, elle vit avec un couple de missionnaire au milieu de nulle part à s'occuper des enfants d'une tribu africaine. J'ai trouvé certaines de ses réflexion très intéressante et très bonnes, surtout sur tout ce qui touche à l'évangélisation « forcée » des populations dites « païennes » d'Afrique. Ils nous ont jamais demandés de venir, on les a forcé à s'imprégner de notre culture au dépend de la leur et ensuite, on s'étonne qu'il ne veulent pas de nous. C'est bien le propre de l'homme ça. Ses lettres sont moins nombreuses mais plus longues, on en apprends donc tout autant sur sa vie que sur celle de Célie mais j'ai été moins emballé par ses histoires.
L'histoire que nous conte Alice Walker est douce, poétique, dure aussi par certains côté mais toujours pleine d'espoir. On s'attache aux personnages, on veut voir s'ils vont évoluer dans le bon sens et si leur vie va aller en s'améliorant. La fin est tellement fantastique, j'avais envie de verser quelques larmes, surtout que l'auteur fait une belle frayeur à ses lecteurs 2/3 lettres avant la fin... Une fin à la hauteur de cette histoire magnifique qui a su me toucher et que je ne vais pas oublier tout de suite. Un très très beau livre sur l'amour et l'amitié dans un univers sombre. On en ressort le cœur gonflé d'amour pour nos contemporains et plein d'espoir pour le futur. Tout le monde peut tomber sous le charme de ce petit roman épistolaire et je vous conseille grandement de tenter votre chance.

The Purple Color, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Mimi Perrin, Alice Walker. J'ai Lu (1987). 252 pages. 7,10€.

6 commentaires:

  1. Un livre dont j'avais oublié le titre mais qui m'intéresse fortement. Merci de m'avoir permis d'en retrouver le nom ^^

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  2. J'ai beaucoup envie de le lire, et j'aimerais bien voir le film avec Whoopie Goldberg (que j'adore)

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    1. LIS LE alors ! (je savais même pas que c'était Whoopi dedans (je l'adore aussi, elle est tellement fantastique))

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  3. Je pense le lire avant de revoir le superbe film ! Merci pour cet avis qui donne bien envie de l'ouvrir tout de suite! :D

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    1. N'hésite plus, tu ne le regrette pas :D

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