11 avril 2014

La ligne verte - Stephen King

« Boss, j'suis fatigué à cause de toute la souffrance que j'entends et que j'sens. J'suis fatigué d'courir les routes et d'être seul comme un merle sous la pluie. De pas avoir un camarade avec qui marcher ou pour me dire où on va et pourquoi. J'suis fatigué de voir les gens se battre entre eux. C'est comme si j'avais des bouts de verre dans la tête. J'suis fatigué d'être dans le noir. Dans la douleur. Y'a trop de mal partout. Si j'pouvais y'en aurais plus. Mais j'peux pas. »



Ce bouquin, ça fait des années que je veux le lire et quand il est arrivé dans ma PAL, j'ai eu du mal à l'ouvrir, de peur d'en avoir trop attendu et d'être déçu. Et bien, mes p'tits loulous, je me suis fourvoyée.
Paul, aujourd'hui pensionnaire d'une maison de retraite, nous raconte l'histoire de ce géant qu'il a été chargé de faire passer sur Miss Cent Milles Volts en 1932, dans le pénitencier de Cold Mountain. Alternant entre le fantastique et le simple roman contemporain, on est propulsé dans cet univers carcéral moite. Écrit comme des mémoires, l'histoire couvre à peine une année mais est assez dense pour remplir une vie entière. On ne ressort pas indemne de ce roman, il m'a arraché le cœur, mis le cerveau en morceau avant de me faire pleurer comme une enfant. Stephen King l'a écrit à l'origine sous forme de feuilleton, à la vitesse d'une partie publiée par mois avant de rassembler les 6 dans un volume unique. J'ai beaucoup aimé cette forme très XIXe siècle qui offre de nombreux rappels aux lecteurs. A chaque nouvelle partie, le narrateur fait un résumé de la partie précédente, sous forme de souvenir ou même en recopiant mot pour mot les dernières phrases. Ça m'a légèrement déstabilisé au début mais j'ai finit par me laisser prendre au jeu et je relisais ces redondances avec plaisir, coupant ma lecture à chaque fin de partie pour faire comme les premiers lecteurs de l'œuvre !
Ce roman pose un questionnement sur la peine de mort et surtout, sur la culpabilité réelle des condamnés. A travers les yeux de Paul, le gardien-chef, on découvre des hommes qui ont tués mais qui pourtant, restent des humains. C'est un des grands talents de Stephen King dans ce roman : il redonne aux condamnés leur humanité, qu'on leur retire souvent bien vite. Il n'entre pas dans ce rapport de force entre ceux qui sont pour et ceux qui contre, il offre juste une merveilleuse histoire pour faire réfléchir ses lecteurs. Son écriture addictive m'a fait tourner les pages de plus en plus vite, passant d'un extrême à l'autre en quelques minutes avant de finir le roman sous la forme d'une fontaine. Par son éventail de personnages, plus ou moins touchant, plus ou moins stupides, Stephen King nous fait passer du rire aux larmes, de la tendresse à la haine à chaque page tournée. J'ai adoré Paul, j'ai adoré John, Del et Mr Jingles et en face, j'ai détesté le stupide Percy et sa matraque.
John Caffey est ce genre de rencontre qui fait basculer une vie. John avec ses mains qui réalisent des miracles. John tombé sur une planète qui ne l'accepte pas parce qu'on est en 1932 et qu'il est noir. Je suis tombée sous le charme de ce personnage hors du commun dès son apparition parce que comme Paul, j'ai été fascinée par ce physique que nous décrit Stephen King. Je voulais en savoir plus, comprendre pourquoi et comment il s'était retrouvé là, sur la ligne verte attendant de rejoindre Miss Cent Mille Volts. Comment ce géant qui ne sait pas lacer ses chaussures et a peur du noir a pu commettre une telle horreur. J'ai pleuré comme une gamine et tout ceux qui l'ont lu comprendront pourquoi. Dans la cellule d'en face se trouve Del, un petit cajun chauve qui adopte une souris, Mr Jingles. Ils sont tellement adorables, tellement touchants que j'ai eu le cœur brisé lorsqu'ils ont du se séparer. Et puis il y a Paul, gardien-chef du bloc E qui nous raconte cette histoire. Je me suis attachée à lui dès les premières pages, parce qu'il ne juge pas ces pensionnaires. Il connait leurs crimes mais il restaure leur dignité parce que de toute façon, ils vont mourir. J'ai aimé le destin que lui offre Stephen King, ces pertes qu'il subit comme si le ciel se vengeait de la mort de John. Pour Percy, j'ai tellement aimé comme tout cela finit pour lui. Tellement aimé, je jubilais comme une gamine qui vient de gagner un cadeau à la foire. Quoiqu'il en soit, je suis ressortie le cœur gonflé d'espoir face à cette peine de mort qui perd chaque année un peu de terrain.

Je ne pardonnerais jamais à Stephen King de m'avoir tant fait pleurer. Je voulais voir le film juste après le livre mais on va attendre quelques jours que mes larmes aient complètement séchées.



The Green Mile, traduit de l'anglais (Etats-Unis), Stephen King. J'ai Lu (2000). 506 pages. 8,10€.

6 commentaires:

  1. Merci :) J'adore ta chronique XD tu feras une chronique pour quand tu auras vu le film? J'aimerais savoir comment tu l'as vécu. Car moi c'est pour lui que j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps :) bon une ou deux sont peut-etre revenues avec le livre ...

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    1. Je ferais peut-être pas un chronique pour le film même, j'ajouterais mon ressenti sur cet article je pense :) (Si un jour j'ai le courage de le regarder)

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  2. J'adore ce livre, à chaque fois que je lis une chronique dessus, j'ai envie de le relire! Le film est très réussi, surtout grâce aux acteurs, mais là aussi, c'est très émouvant!

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  3. Je n'ai jamais lu le livre, juste vu le film et c'est déjà quelque chose! Mon film préféré avec Tom Hanks que j'adore. Je pleure à chaque fois que je le vois! Il faudra que je lise le livre un jour aussi :)

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  4. Très belle chronique ! J'ai aussi été très émue par cette magnifique histoire, terrible par bien des côtés mais qui touche au coeur.

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