22 mai 2014

La petite communiste qui ne souriait jamais - Lola Lafon

« Ce qu'elle accomplit, ce jour-là, personne ne sera capable de le raconter, ne restent que la limite des mots qu'on connait pour décrire ce qu'on a jamais imaginé. Est-ce qu'on peut dire qu'elle prend le temps ? Ou qu'elle s'empare de l'air ? Ou qu'elle intime au mouvement de se plier à elle ? »



Livre qui me tentait depuis sa sortie en magasin et que j’ai emprunté à la médiathèque mardi. Ni une biographie, ni entièrement un roman, Lola Lafon ouvre les portes de la vie de la célèbre Nadia Comaneci, ce mythe de la gymnastique qui fit rêver toutes les petites filles lors de l’été 1976.
J’ai été subjuguée par ce roman, par cette écriture toute en image, toute en douceur qui m’a fait découvrir un sport que je ne tiens pas dans mon cœur. Comme les spectateurs de ces JO sur lequel ce roman s’ouvre, j’ai été fascinée par cette gamine de 14 ans au physique de petit garçon qui défiât les lois de la gravité pendant 1mn30.
J’ai aussi été fascinée par sa vie après ce mythe, la petite fille adulée, encensée par le régime roumain devenue une femme humiliée, jetée dans la fosse aux lions, oubliée. On découvre par la plume de Lola Lafon l’envers du décor de cette grande championne qui tomba en désuétude dès que Ceausescu n’eut plus besoin d’elle. J’ai aimé suivre son parcours qui montre aussi l’envers du décor de la vie en Roumanie, qui met à mal nos idées reçues.
Derrière ce roman sur une championne, Lola Lafon offre aussi une critique acerbe de notre régime capitaliste que nous considérons tellement meilleur que le communisme. Elle ne fait pas l’apologie du régime de Ceausescu, elle change notre perspective sur la véritable vie dans ces pays, nettoyant au détergent notre vision trop grise, trop triste des choses.
Une chose m’a gênée, ce sont les dialogues imaginaires entre l’auteure et Nadia C. elle-même. Ils sont pourtant très intéressants car il montre la vision que Nadia a d’elle-même, de son histoire. Le problème reste qu’ils sont imaginaires malgré que Lola Lafon explique que certaines phrases sont extraites de son autobiographie.

Plus qu’un roman sur une enfant-championne, ce livre nous offre une nouvelle approche sur le communisme et ses envies, ses dérives. On découvre un monde qui nous reste encore inconnu, « idéalisé » vingt ans après sa chute. Magistral !

La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon. Actes Sud (2013). 310 pages. 21€.

3 commentaires:

  1. très belle critique. j'attends ce livre avec impatience (file d'attente à la médiathèque !!!) je patiente bravement.
    en 1976, je l'ai vue en direct à la télé car passionnée par la gym c'était fabuleux et j'ai garde un souvenir éblouie mais cette "enfant" a été maltraitée par le système et ça a laissé des traces (elle à eu des troubles du comportement alimentaire après : anorexie-boulimie vomissement ...
    c'est pourquoi j'ai hâte de lire ce livre.

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    1. Moi aussi, j'ai du attendre pour l'avoir, il était empruntée à la médiathèque x)
      Ah par contre, je l'ai pas vu en live, je suis bien trop jeune mais quand j'ai découvert son histoire, j'ai été fascinée par celle-ci.

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  2. ça fait plusieurs fois que j'en entends parler, et ta critique me donne bien envie de le lire :)

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