27 juin 2014

IL - Derek van Arman

« Ce monde ne mérite pas qu'on y vive. »


Aujourd'hui, je vais vous parler d'un livre qui a fait grand bruit à sa sortie aux États-Unis, il y a 20 ans : IL de Derek van Arman. Thriller de plus de 700 pages, son début m'a enthousiasmé avant une baisse de régime rattrapée par le dénouement. Je vais vous expliquer en détail pourquoi.
Ce roman commence sur les chapeaux de roues, tard le soir, une femme ressent un sensation de malaise alors qu'elle est sur le point de se coucher. Le lendemain, on la découvre assassinée avec ses deux filles. J'ai lu ce chapitre seule un soir, avec juste ma petite lampe de chevet allumée et je crois que je ne me suis jamais sentie aussi mal à l'aise en lisant. Le chapitre fini, je suis allée me coucher, guettant tous les bruits de ma maison, effrayée. Un livre me faisant stresser dès le premier chapitre, ça ne pouvait que laisser entrevoir de bonnes choses. Pourtant, le livre n'a pas été un tel coup de cœur que ça.
Le problème vient de la longueur de cette œuvre. 750 pages pour un thriller, c'est long, très long et certains chapitres le faisaient bien ressentir. L'auteur ouvre les portes de plusieurs intrigues parallèles, celle de l'enquête bien sûr mais aussi des parties sur un gamin qui trouve un squelette dans un vieux bowling et de deux hommes qui tuent en Floride. Un long moment, je me suis demandée où l'auteur comptait m'emmener et si tout ces détails étaient si importants que ça. J'ai même pensé qu'il aurait pu couper certaines choses qui semblaient ne servir à rien.
Ce flot ininterrompu de personnages a aussi engendré des confusions chez moi. On a le droit à l'archétype même du duo policier avec le vieux flic hanté par ses souvenirs et le jeune casse-cou que rien n'arrête. Pourtant, la sauce a fonctionné chez moi, j'étais intriguée par ces deux personnages, leurs secrets, leurs souvenirs et j'ai aimé en découvrir plus sur eux au fil des pages. Je me suis aussi beaucoup attachée aux Janson, Jessica, son fils Elmer et le chien Tripode en particulier lorsque Jessica se rend compte à la fin qu'elle avait senti le danger venir. Comme quoi, l'instinct maternel est plus fort que tout. J'ai littéralement applaudi lors de la scène sous la pluie avec la voiture en panne, voyez le niveau.
Malgré ce coup de mou au milieu du récit et ce nombre impressionnant de personnages, Derek van Arman a réussi le coup de maître de me faire adhérer à la fin de son roman. J'ai dévoré les 150 dernières pages, la résolution de toutes les intrigues et la découverte des liens entre celles-ci. Pour un thriller, ça finit peut-être un peu trop en happy end mais après un roman si dur dans ses thèmes et dans les mots employés, l'auteur se devait de montrer que le monde n'est pas si sombre que ça. Je ne vais pas vous cacher que la scène où Irma découvre la vérité m'a fait avoir de nombreux haut-le-cœur et poussé de nombreux cris de dégoût (L'ABAT-JOUR PUTAIN L'ABAT JOUR QUOI !).

Maryland
Derek van Arman nous offre là un thriller de grande envergure dont le retentissement aux USA il y a 23 ans est très compréhensible. Il est vrai que certains points de l'intrigue semblent avoir assez mal vieilli (en particulier la technologie) mais le tout reste très crédible pour un roman aussi vieux. Malgré les longueurs observées et la baisse de régime du milieu, c'est un roman qui touche au but, nous offrant un décorticage en règle de l'horreur humaine, laissant le lecteur sonné à la fin de cette folle course poursuite.

Just Killing Time, traduit de l'anglais par Johan-Frederik Hel Guedj, Derek Van Arman. Pocket (2014). 960 pages. 8,10€.

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