28 août 2014

Debout-payé - Gauz

« Avec la quantité énorme d'habits fabriqués au pays de Mao, on peut dire qu'un Chinois dans un magasin de fringues, c'est un retour à l'envoyeur. »



Nouveau jour, nouvelle chronique sur un livre de la Rentrée Littéraire. Cette fois, je vais vous parler de Debout-payé de Gauz, qui devait sortir l'année dernière mais qui a été repoussé à cette année.
Gauz ou plutôt Ossiri est un jeune ivoirien venu tenté sa chance en France dans les années 1990, comme des centaines d'autres jeunes africains. Dans ce roman hors-norme, Ossiri rend hommage aux milieux africains parisiens de 1960 à nos jours. On voit leurs évolutions, leurs revendications, leur façon de vivre, conjuguant la modernité française et l'esprit de famille si présent chez les africains. On voit aussi, à travers ses yeux la France, ses qualités, ses défauts, ses changements au fil des décennies. Pour le meilleur et pour le pire.
Dans un même temps, dans des chapitres intercalaires, il nous jette pêle-mêle ses réflexions, ses impressions et ses souvenirs sur ses boulots en tant que vigile dans des grandes enseignes parisiennes. Ces parties-là m'ont rappelé le livre d'Anna Sam, Les tribulations d'une caissière, en plus mordant, aussi bien sur les clients que sur les patrons. C'est drôle et irrévérencieux, il ressort tous les clichés possibles sans y aller de main morte et leur tords le cou. Un petit délice à la lecture. Tout ceux qu'il a vu ou côtoyé sont épinglés dans ces pages comme des papillons dans un cadre.

Gauz signe ici un premier roman prometteur, plein de sarcasme et de verve sur le monde qui l'entoure et ce travail « debout-payé » qu'il a exercé. En parallèle, il nous offre un aperçu rapide mais assez complet sur les milieux africains de Paris ces 50 dernières années. A lire !

Debout-payé, Gauz. Le Nouvel Attila (2014). 192 pages. 18€.

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