28 décembre 2014

Confession d'un gang de filles - Joyce Carol Oates

« Le plus tragique étant que les hommes et les femmes non seulement s'utilisent les uns les autres comme ils le feraient avec des objets, mais qu'ils se présentent, se vendent eux-mêmes comme des objets. »


Cette semaine, découverte d'une auteure américaine qui engendre des réactions très tranchées : soit l'on aime, soit l'on aime pas mais alors pas du tout. Je veux bien sûr parler de Joyce Carol Oates.
Ce roman, c'est 5 jeunes filles vivant dans la banlieue de New-York dans les années 50 qui vont décider de créer un gang, FOXFIRE, pour prendre leur revanche contre la gente masculine. C'est irrévérencieux au possible, ça frôle avec toutes les peurs américaines et ça me plaît. Ce roman à 15 ans, se déroule il y en a 60 et il reste pourtant d'actualité. Avec Maddy, Legs, Goldie, Lana et Rita, les membres fondatrices de FOXFIRE, Joyce Carol Oates a créé des personnages féminins forts, qui chacune à leur manière usent de leur atouts pour se venger des hommes. C'est la lutte des jeunes filles contre la main-mise masculine sur les femmes à cette époque. C'est une révolte contre l'ordre établi, une révolte qui finira aussi violemment qu'elle a commencé.
Le roman est raconté du point de vue de Maddy, plusieurs décennies plus tard. Lors des premières pages, il est difficile de bien se rendre compte que Maddy-Monkey et la narratrice sont la même personne, celle-ci parlant d'elle a la troisième personne du singulier, comme si elle parlait d'une autre personne. Comme si elle voulait se détacher de celle qu'elle était dans FOXFIRE. C'est intense et prenant. On sait dès le début que ça va mal finir et l'auteur réussi à nous tenir en haleine jusqu'au bout, laissant échapper des pistes sur cette fin sans jamais rien dévoiler et, personnellement, je ne m'attendais pas à une chose pareille. Quoi qu'il en soit, on finit le roman avec toujours des questions en tête, comme notre narratrice qui n'a pas eu toutes les réponses, malgré les années.
Composé en trois parties comme une graduation dans les actes, Confession d'un gang de filles débute par les raisons du gang, les événements qui vont pousser les filles à devenir telles qu'elles vont l'être après. La deuxième partie est celle de Legs, envoyée en maison de correction pour jeunes filles. C'est le moment où tout bascule, où l'Homme devient l'ennemi mais aussi toutes les femmes extérieures à FOXFIRE. C'est le début de la fin. Et la troisième partie, la fin, est la chute de FOXFIRE, doucement, inexorablement, comme si tout ça n'avait été fait que pour en arriver là.

C'est un roman sulfureux qu'à écrit Joyce Carol Oates avec ce dernier, c'est la fureur de vivre au féminin qu'elle nous conte. Des gamines qui se révolte contre l'ordre établi et feront trembler les hommes dans leur petite banlieue new-yorkaise. C'est un roman sur le besoin d'émancipation des femmes, sur leur volonté de fer face aux abus masculins et la supériorité féminine. J'ai découvert Joyce Carol Oates, son écriture, son style, ses prises de position avec ce roman et je suis conquise. C'est un bon roman pour commencer avec l’œuvre de cette auteure américaine culte.

Confession of a girl gang, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Michèle Lévy-Braum, Joyce Carol Oates. Le Livre de Poche (2014). 471 pages. 7,60€.

4 commentaires:

  1. La citation du titre est très belle et donne à réfléchir. Je ne connaissais pas du tout ce roman mais ta chronique me donne envie d'y jeter un coup d'oeil!

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    1. J'essaye le plus souvent possible de prendre une citation qui m'a touché ou fait réfléchir pendant ma lecture. Si elle touche les autres, j'ai réussi mon coup ;)

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  2. J'ai lu plusieurs romans de cet auteur et j'ai parfois beaucoup aimé (Les Chutes), parfois pas du tout aimé (J'ai réussi à rester en vie), et je suis parfois restée indifférente ! Dans un cas comme dans l'autre, c'est une écrivaine marquante.

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  3. Je suis tombée dessus par hasard en librairie, et je ne l'ai pas pris. J'ai eu tort je pense, ton avis me fait regretter de ne pas l'avoir pris!

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