24 janvier 2015

Baby Love - Joyce Maynard

« Elle a l'impression d'une chose qui échappe à son contrôle. Un peu comme avoir une arme chargée chez soi, que n'importe qui peut saisir un jour pour se faire sauter la cervelle. »


Après une précédente chronique pleines de canards sanguinaires, revenons à des choses plus posées avec ce titre de Joyce Maynard, Baby Love, qui m'a servi de découverte pour cette auteure que je connaissais de nom seulement.
Comme vous vous en doutez, on va parler de bébé dans ce roman. Et même de pleiiiiiiiiiiiiiiiiiins de bébés. Trop de bébés en fait. J'aime pas vraiment ça et là, il en sortait de partout. Même ceux qui n'en ont pas ne finissent pas d'en parler. Bref. Je ne m'attendais à rien de particulier et j'ai été charmé par ce roman qui se lit assez vite sans être simpliste. On suit tour à tour quatre filles mères, qui sont toutes amies. Aucune n'a la même trajectoire de vie, ni les mêmes raisons qui l'ont amenée dans cette situation particulière mais elles s'entraident.
Tout est beau, tout est mignon dans les premières pages. Les mamans sont heureuses, les bébés sont choux et on se croirait dans une publicité pour le rêve américain mais, au fil des pages, avec de petits sous-entendus, l'auteur ouvre les failles de cette image renvoyée. L'image se délite doucement et à la fin, la réalité reprend le pas sur la fiction, jamais pour le meilleur et toujours pour le pire. Vous avez une adolescente qui veut un bébé à tout prix ? Offrez lui ce roman, ça vaudra toutes les leçons de morales existantes. Sans juger ses personnages, Joyce Maynard montre à sa façon qu'être fille-mère, c'est pas aussi « fun » que ça puisse paraître. L'histoire se déroule dans les année 1970 mais elle reste d'actualité encore aujourd'hui. Un enfant n'est PAS une poupée qu'on délaisse lorsqu'elle nous gène.
On sent certaines situations arriver 10 pages à l'avance et c'est bien dommage. Comme si, obligatoirement, les choses devaient toujours se passer comme ça. C'est un roman assez pessimiste sur les mères-filles en fin de compte malgré certains événements de fin qui tente de « rattraper » les choses et d'offrir un peu d'espoir. Un de mes regrets est la fin du roman, qui semble bâclée à mes yeux. J'ai eu du mal à comprendre le lien entre tous les personnages à ce moment-là, comme si l’auteur ne le comprenait pas elle-même. Et puis, elle est pleine de bons sentiments, avec une morale sous-jacente trop visible, à contrario du reste de l'ouvrage.

New Hampshire
Malgré un côté assez pessimiste de l'histoire – rattrapé en partie par la fin – c'est un très bon roman que Joyce Maynard a écrit. Les personnages sont attachants ou détestable mais ils ne laissent pas indifférents et malgré le cadre posé dans les année 1970, le thème abordé reste encore d'actualité.




Baby Love, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Mimi Perrin, Joyce Maynard. 10/18 (2014). 333 pages. 7,80€.

2 commentaires:

  1. Aujourd'hui je me suis dit, faut que tu lises un livre de Joyce Maynard, quelle coincidence! C'est souvent la fin qui pêche dans les romans, dommage. Par contre je crois que ca me plairait quand même de le lire.
    Merci pour la découverte

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