9 janvier 2015

L'île des chasseurs d'oiseaux - Peter May

« Le monde, c'est comme le temps. On ne le change pas. Et on le façonne pas. C'est lui qui nous façonne. »


2015 commence vraiment sur des chapeaux de roues pour moi. Après Silo, dont je vous ai parlé en début de semaine, aujourd'hui, je vais vous chroniquer mon dernier roman de 2014 : L'île des chasseurs d'oiseaux de Peter May, que j'ai, bien entendu, beaucoup aimé.
Premier tome d'une trilogie de polar écossais, j'ai découvert au travers de cet ouvrage un coin du monde que je ne connaissais pas : les Hébrides, un archipel dans le nord de l’Écosse. Un endroit sombre, froid, désertique mais qui semble terriblement beau et qui m'a attiré. L'île de Lewis est le personnage central de ce roman, beaucoup, vraiment beaucoup plus que Fin MacLeod. Les descriptions de Peter May sont magnifiques, puissantes et elles donnent une atmosphère pleine de mystère à son roman. A son enquête.
Si vous attendais à une enquête policière sur des chapeaux de roues avec des révélations à tous les coins d'pages, passez votre chemin. Comme de nombreux romans d'Actes Sud Noir, l’auteur s'intéresse plus aux personnages qu'à l'action. Ce premier opus est un huis-clos désespéré où les squelettes du placard familial sortent enfin. Plusieurs fois dans le roman, on oublie la raison de la venue de Fin sur Lewis pour plonger dans les souvenirs de ce flic qui n'est pas revenu sur son île natale depuis 15 ans. Pourquoi ? Au fil des pages, Peter May distille des indices sur ces secrets familiaux qui vont éclater au grand jour. J'ai juste eu le regret de comprendre la fin 50 pages avant.
On alterne tout au long entre des chapitres se déroulant lors de l'enquête de Fin, sur les traces de son passé et des chapitres, souvent plus longs que les autres, sur son enfance sur l'île, sur comment grandir dans un monde si cloîtré, si restreint. C'est au cours de ces chapitres là que l'on comprends le titre français de l'ouvrage. Cette « île des chasseurs d'oiseaux » qui change un homme, à tout jamais. Mais c'est pas important. Ce qui l'est, c'est que Peter May a une plume parfaite pour ce genre de roman, ce genre de suspense qu'il instaure. La France, son pays d'adoption, fut le premier à traduire et publier cette trilogie écossaise, bien avant les anglais. Pour une fois qu'on découvre quelque chose avant eux.

Avec le premier tome de sa Trilogie écossaise (sortie en intégrale chez Actes Sud il y a quelques semaines avec une jolie couverture jacquard), Peter May a frappé fort en transformant l'un des endroit les plus inhospitaliers du monde en un lieu magique, théâtre d'une histoire familiale complexe. Fin MacLeod est un personnage attachant dont on veut connaître la suite de son histoire, la fin de ce roman ouvrant une nouvelle page de son histoire.

Blackhouse, traduit de l'anglais par Jean-René Dastugne, Peter May. Babel Noir (2013). 432 pages. 9€.

3 commentaires:

  1. J'avais déjà très envie de lire ce roman mais maintenant, je pense que je vais en faire une priorité point de vue "arrivées dans la PAL" :D

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  2. A première vue je ne suis pas tellement tentée mais ta chronique très belle et bien menée me fait changer d'avis ! Si j'ai l'occasion je lirai ce livre :D

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  3. Ah ah, tu es fichue toi aussi ! :) J'ai adoré cette trilogie. Et tu verras que tu quitteras Fin avec regret à la fin. Du coup, le père Noël m'a apporté le dernier de l'auteur. Il faut que je le lise.

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