15 février 2015

Les 33 : La fureur de survivre - Héctor Tobar

« Estamos bien en el Refugio. Los 33. »


Cette semaine, je vais vous parler d'un roman sorti au début du mois de janvier et qui m'a gentiment été envoyé par Belfond et Babelio dans le cadre de la dernière Masse Critique du site.
Quatre année après la catastrophe qui les as emprisonné 69 jours à 700 mètres de la surface, les mineurs de la San José au Chili sortent de leur silence. Cette histoire qui a tenu tout un pays – mais aussi tout un monde – en haleine durant plusieurs semaines voit sa vérité rétabli par ses principaux protagonistes. Grâce à de nombreux voyages au travers du Chili, Hector Tobar (re)donne la parole aux mineurs, les principales victimes de cette tragédie. Ils y racontent l'enfermement, la faim, la peur, la sensation d'abandon qui régna parmi eux les 17 premiers jours. Ces 17 premiers jours qui devinrent leur secret et qu'ils révèlent enfin.
Sans chercher de coupable, les mineurs, mais aussi leur famille raconte cette attente insoutenable, à savoir s'ils sont vivants ou non. On suit les premières balbutiements des recherches de l'extérieur et de l'intérieur. L'espoir en entendant les machines, le désespoir lorsqu'elles ratent leur but. Et enfin, la joie la plus totale lorsqu'ils les trouvent. Cette scène est l'une des plus poignante de cet ouvrage. Mon cœur se serre rien que d'y repenser. S'ensuit le contre-la-montre engagé contre la montagne qui continue de s’effondrer lentement pour les sortir de cet enfer. C'est plein d'espoir, mais aussi d'attente insoutenable de chaque côté de la montagne et, à travers les témoignages, on se rends compte que cette épreuve en fut une pour tout le monde, qu'ils soient liés ou non aux mineurs enfermés.
Malgré qu'on connaisse l'issue heureuse, le lecteur est pris au tripes par cette histoire qui se lit comme un policier. On est tenu en haleine, non par les effets de style qu'aurait pu intégrer l'auteur, mais par la puissance des sentiments des ces hommes et de ces femmes pas plus différents que vous et moi, qui se sont retrouvés dans une épreuve terrible. Sans jamais tomber dans le voyeurisme – ce que la télé fait beaucoup trop à mon avis – Hector Tobar montre beaucoup d'empathie pour les gens dont il raconte le parcours. Et enfin, il raconte l'après. Le retour à la vie normale, les retrouvailles avec leurs familles et pour certains, le retour à la mine. C'est très appréciable qu'il raconte ça, qu'il montre que tout n'est pas tout blanc, que tout n'a pas fini comme un conte de fées.

Une histoire vraie qui se lit comme un thriller, avec la peur au ventre pour ces hommes coincés au centre de la montagne. Hector Tobar a fait un travail de titan, allant et venant entre les différents coins du Chili pour écouter leur histoire et la retranscrire du mieux qu'il pouvait.

Deep Down Dark, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anne-Sylvie Homassel, Hector Tobar. Belfond (2015). 410 pages. 21,50€.

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