8 février 2015

Mr Mercedes - Stephen King

« La vie est une fête foraine de merde et les lots à la clé sont à chier. »


La sortie d'un nouveau Stephen King, c'est toujours un grand moment de librairie. Et l'avantage d'être apprentie libraire, c'est qu'on a les livres sous la main avant tout le monde. J'ai donc pu lire Mr Mercedes avant sa sortie.
Premier tome d'une toute nouvelle trilogie sur l'Off-Ret Bill Hodges, Stephen King ne déroge pas à sa manie de faire références à ces anciens ouvrages dans celui-ci. J'ai personnellement reconnu deux clins d'oeil, l'un à Ça et l'autre à Christine mais il doit y en avoir bien plus, comme toujours. Le roman commence sur les chapeaux de roues (même pas désolée de ce jeu de mot) avec un homme fonçant dans une foule de demandeur d'emploi un matin brumeux. Un an plus tard, l'officier maintenant à la retraite qui a travaillé sur cette enquête reçoit une lettre du Tueur à la Mercedes. Il veut jouer. Et il va trouver un adversaire à sa hauteur. Ce qui est intéressant chez King – et cette remarque peut être faite pour plusieurs de ces romans – c'est que ses personnages principaux sont souvent des anti-héros. Des gens normaux dans des situations qui ne le sont pas. L'exemple le plus flagrant dans ce roman là est Holly, l'une des deux acolyte de Hodges. C'est l'archétype même de la vieille fille, qui vit encore avec sa mère à 50 ans qui est atteinte de stress ce qui la rends incapable d'avoir des relations civilisées normales. Pourtant, elle tient une place prépondérante dans cette enquête.
On est aussi très loin du tueur traditionnel de polars actuels. Pas de personnages à l'air louche, pas de vantards qui se fait avoir parce qu'il parle trop : il est le type normal par excellence, avec un emploi stable et une relation «amicale » avec ses collègues. King en a fait un humain lamba avec ses secrets (sa relation malsaine avec sa mère), ses remords (Frankie), ses petites joies (Olivia Trelawney) et ses peurs (Hodges). J'ai oscillé tout du long entre la haine et la compassion. C'est un jeu du chat et de la souris que vont se lancer Hodges et le Tueur à la Mercedes à travers toutes les joies de nouvelles technologies. Le parapluie, le sang, le camion de glaces, tout prends sens au fil des pages et des révélations. C'est un véritable page-turner, en particulier au moment où la petite équipe de Hodges comprends jusqu'où le tueur veut aller. Et l'auteur vous fera un magnifique pied-de-nez à la dernière ligne, vous laissant mijoter dans votre impatience jusqu'au prochain tome, qui promet d'être toujours bien.
Un conseil, à suivre impérativement ; prenez toujours le temps de lire les remerciements de Stephen King à la fin de ses ouvrages. Contrairement à pleins d'auteurs – que je ne citerais pas – il ne se contente pas d'énumérer une liste de noms sans fin. Ses remerciements sont toujours drôles ou beaux, où il pend le temps d'expliquer pourquoi telle personne est importante et pourquoi il a choisi d'écrire ce livre. Bref, lisez-les !

Que vous soyez conquis ou pas, l'auteur montre encore une fois l'étendu de son talent de conteur, s'aventurant une nouvelle fois loin de ses habitudes d'écriture. Cet homme n'a plus rien à prouver à personne et il le fait bien savoir en testant tous les styles qui lui dise. Chapeau l'artiste !

Mr Mercedes, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Nadine Gassie et Océane Bliss, Stephen King. Albin Michel (2015). 473 pages. 22,90€.

2 commentaires:

  1. J'ai très envie de découvrir Stephen King ! Je n'en ai jamais eu l'occasion et je le regrette !

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