30 mars 2015

Le Voyage de l'éléphant - José Saramago

« Comme nous le savons que trop bien, celui qui raconte une histoire ne rate jamais l'occasion de lui ajouter un point et parfois même une virgule. »


J'ai acheté tellement de livre à la vente Amnesty la semaine dernière que je n'ai lu que des ouvrages de celle-ci cette semaine. En ce début de semaine, je suis allée faire un tour au Portugal, dans le cadre de mon Challenge Tour du Monde – je vais y arriver à la compléter cette mappemonde, je vous le dit. C'est une histoire vraie romancée à sa manière que nous conte José Saramago (Prix Nobel de Littérature 1998) : celle d'un éléphant offert par le Roi du Portugal à l'archiduc d'Autriche et qui traversa la moitié du continent pour arriver à destination.
L'écriture de cet auteur n'est pas facile d'accès, disons-le tout de suite. Le syntaxe et la mise en page est peu commune, très difficile à appréhender car il n'y a aucuns sauts de lignes même pour les dialogues. Ces derniers sont intégrés dans le texte et le lecteur peut se perdre, ne sachant plus qui parle exactement. Certaines scènes, même une grande partie d'un chapitre, restent obscures au lecteur à la première lecture. Je fut complètement perdue avec le cornac dans cette brume de milieu de voyage, ne sachant plus si c'était la réalité ou encore un effet de son imagination. Dans ce cas-là, ce fut vraiment dérangeant de lire un morceau de l'histoire et de ne pas savoir à quoi le raccrocher sur ce qui venait avant.
Pourtant, on ne peut nier le burlesque complet de ce roman, malgré la véracité de l'histoire. Un éléphant qui traverse les Alpes, ça rappelle beaucoup cette légende d'Hannibal mais en mieux. Ici, le rédacteur parle au lecteur, lui faisant ses propres commentaires sur les événements ou essayant d'imaginer ce que pourrait penser Salomon (l'éléphant) de toute cette aventure. C'est drôle et ça fait aère un peu le texte qui devient qui frôle le « trop » au bout de certains chapitres. Les personnages sont à la limite de la caricature, en particulier le cornac, Subhro, qui tente par tous les moyens à sa disposition pour garder sa place auprès de l'éléphant. De sa vente de poils « miraculeux » doublé d'une imagination sans faille, on ne s'ennuie pas avec lui à nos côtés dans ce voyage.

Il faut s'accrocher pour arriver au bout de ce roman burlesque, qui entre la tête et la queue de l'éléphant se perd en élucubration pseudo-philosophiques mais qui ne se démord jamais de son humour corrosif. Un bonne découverte !

A viagem del elefante, traduit du portugais par Geneviève Leibrich, José Saramago. Seuil (2008). 216 pages. 19€.

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