9 mars 2015

Lumière d'août - William Faulkner

« On dirait que l'homme peut tout supporter. Même ce qu'il n'a pas fait. Même l'idée qu'il ne peut en supporter davantage. »


Selon la préface de l'édition que j'ai emprunté, Lumière d'août ne reflète pas tellement la complexité de l'oeuvre de Faulkner et serait même pas le meilleur ouvrage pour commencer cet auteur. Rianafoute, j'aime bien faire différent des autres.
Ce roman raconte la genèse d'un meurtre mais aussi, beaucoup plus que ça. C'est tout un mode de vie disparu aujourd'hui que reconstitue W. Faulkner dans ce pavé de 650 pages. Un mode de vie rude, difficile dans des terres encore à demi hostiles à l'homme, dans des États encore marqués par la Guerre de Sécession. Des Etats où le racisme est encore très – trop – prégnant. Trois histoires s'entremêlent : celle de Lena, une jeune femme enceinte à la recherche du père de son enfant qui a fuit en apprenant la grossesse, celle de Joe Christmas, personnage difficilement discernable dont on va suivre la vie depuis sa naissance et celle de Hightower, ancien révérend dont les liens avec les deux autres entrelace un épais pèle-mêle de secrets et de rumeurs.
La langue de Faulkner est riche, même au travers de la traduction. Elle est pleine de sous-entendus, de choses qui ne sont pas dites mais que l'on devine. Sa langue est aussi remplie de descriptions de ce Sud américain hostile. Plusieurs pages peuvent passer avec seulement des descriptions de paysages. Les scènes sont longues et décrites du début à la fin, avec force détail, ce qui fait le beauté de ce texte. Parmi tout ces personnages, toutes ces histoires entremêlées, le lecteur peut se perdre, ne plus comprendre qui est qui. William Faulkner parle de racisme sans jamais en dire le nom, mais n'oublie jamais de gratter la surface de cette culture qui est la sienne pour en montrer tous les travers. N'y allez pas en cherchant un texte distrayant, ou une histoire simple. Ce n'est pas distrayant, c'est fort et profond et on comprends mieux la popularité de Faulkner après avoir lu un texte pareil.

Un texte fort qui est une très bonne base pour découvrir cet auteur culte américain. Une histoire passionnante, pleine de ramifications entre les différents personnages qui ne se résout qu'à la toute fin.


Light in August, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Maurice Edgar Coindreau, William Faulkner. Folio (2009). 627 pages. 6,10€.

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