11 avril 2015

L'Echiquier du mal - Dan Simmons

« L'amour de la violence est un aspect de notre humanité. Même les faibles rêvent d'être forts afin de pouvoir manier le fouet. »


J'ai acheté ces deux tomes il y a quelques choses comme 3 semaines pour 0.50€ l'unité en me disant que si ça me bottait pas plus que ça, je n'aurais pas à le regretter. MAIS CA M'A BOTTE DU TONNERRE ET JE LE REGRETTE ENCORE MOINS !! C'est mon premier Dan Simmons, je connaissais l'auteur de réputation mais je n'avais jamais pris le temps de me pencher sur ses romans. Quand j'ai vu que ces deux-là parlaient de vampires psychiques qui utilisaient les humains pour commettre des meurtres, je me suis dit que j'allais passer un bon moment. Et ça n'a pas loupé.
Dès le prologue – qui se déroule dans un camps en 1943 – on sent que l'auteur n'a pas fait semblant et qu'il va nous balader durant toute l'histoire. On est pris dès les premières pages par cette mythologie terrifiante, celle d'humains mutants qui pourraient prendre le contrôle des autres. C'est aussi plein de promesse d'hémoglobine et de bonnes doses de flippe au long de la lecture.
A chaque chapitre, le point de vue change, le personnage « central » n'est jamais le même selon le lieu et le moment de l'action décrite. Certains chapitres sont encore différents, car ils sont dans la tête même de Mélanie, le personnage autour de qui tout semble tourner mais ce n'est peut-être pas tant le cas que ça. Il n'y a pas de temps morts, l'action et la terreur est au rendez-vous à chaque fois, on repart sur les chapeaux de roues après chaque petite baisse de régime sans jamais se lasser. Le suspense va crescendo, on suspecte tout le monde et tout le monde se suspecte pour le plus grand plaisir du lecteur qui se perd dans les supposition jusqu'à la révélation finale... inattendue.
Outre les vampires psychiques, dont Mélanie, une vieille folle dépérissant à vue d’œil, Willi, un vieux beau ancien officier SS présumé mort et Harod, un magnat d'Hollywood pervers et stupide, on a nos 3 protagonistes principaux qui sont attachants et que l'ont suit avec plaisir : Rob, shérif de Charleston où tout commence qui veut découvrir la vérité sur un massacre commis sous sa juridiction, Natalie, dont le père est une des victimes collatérale des vampires et Saul, ancien déporté qui recherche un officier nazi qui avait ce pouvoir. La question centrale est : Qui a déclenché tout ça ? Mélanie et Willi, dans les années 20 à Vienne ou, est-ce une histoire plus récente, plus sombre entre d'autres vampires psychiques ? Le lecteur se fait avoir durant toute l'histoire, l'auteur donnant des indices puis les réfutant au fur et à mesure. Les dernières scènes, sur l'île, donne tout son sens au titre : L’Échiquier du mal. Peut-être n'est-ce que des gamins, jouant au échecs avec les humains...

Un duologie de folie qui entraîne le lecteur dans les coins sombres de l'âme humaine, dans les fondements même du mal pour le laisser pantelant à la fin, foudroyé par une histoire qui, sans temps mort, offre une réflexion très intéressante sur la violence qui réside en chaque humain. Magistral, si vous aimez la science-fiction, les vampires, les vrais, et que vous n'êtes pas effrayé par près de 1100 pages de lecture, jetez-vous dessus !

Carrion Comfort, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-Daniel Brèque, Dan Simmons. Folio (2014). 1024 pages. 15,50€.

1 commentaire:

  1. Je suis tombée complètement amoureuse de ce roman! Un des meilleurs que j'ai jamais lus <3

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