29 juin 2015

Rebecca - Daphné du Maurier

« Si seulement on pouvait inventer quelque chose qui conserve un souvenir dans un flacon, comme un parfum, et qui ne s'évapore, se s'affadisse jamais. Quand on en aurait envie, on déboucherait le flacon et on revivrait l'instant passé. »


First of all, je ne suis pas sur d'avoir tout compris à la fin. Rebecca a-t-elle vraiment gagné comme le pense Max ou est-ce un effet de son imagination ? Les dernières lignes m'ont laissée perplexe au plus haut point alors que j'avais été passionné par le roman de bout en bout. Si quelqu'un a une possibilité de réponse à me donner, je suis pour.
Pourtant, ça commence bien même très bien. Une jeune fille un peu naïve épouse un jeune veuf qui semble hanté par sa première femme, morte noyée un an auparavant. La première partie consiste en un espèce de jeu du chat et de la souris, entre la nouvelle Mme de Winter – qui tente de se faire une place à Manderley – et le fantôme, le souvenir, de Rebecca – qui dirigeait cette maison d'une main de fer avant. Daphné du Maurier instaure dans ces premières pages une atmosphère pesante, pleine de fantômes et de non-dits, de portes secrètes et de personnels mystérieux qui font douter Mme de Winter d'elle-même.
M'inquiétant que l'histoire finisse par tourner en rond, l'auteur coupe court à tout ce jeu avec une révélation qui va changer toute la donne et va pousser la jeune femme a tenter de s'affirmer plus. J'avais été passionné par le début, je l'ai été encore plus par cette « deuxième partie » forte en rebondissements et faux-semblants. On ne sait plus qui croire, qui suivre et on se retrouve perdu dans cet imbroglio familial. L'a-t-il vraiment fait ou essaye-t-il de protéger quelqu'un ? Pourquoi cette histoire est-elle un secret de polichinelle ? Beaucoup de questions que se pose le lecteur au fil des pages, et des questions qui n'ont pas toujours de réponse à la fin.
Comme commencé dans la chronique, la fin est abrupte. Elle est étrange, comme l'atmosphère du livre. On ne sait pas vraiment si ça finit bien ou si ça finit mal – même si le début nous fait nous douter que c'est peut-être pas tant un happy end que ça. Je suis frustrée de finir ma lecture sans réponse mais en même temps, Daphné du Maurier offre à son lecteur la possibilité de finir l'histoire comme il le veut, selon ce qu'il a imaginé durant sa lecture.

Un texte fort, à l'atmosphère dérangeante sur une histoire assez folle et des personnages pleins de faux-semblants. Ce livre trainait dans ma PAL depuis plusieurs mois et pour une première lecture d'été, ce fut une bonne idée. L'adaptation de Hitchcock est très fidèle au livre, je vais me laisser tenter – et puis les vieux films en n&b, c'est mon dada.

Rebecca, traduit de l'anglais par Denise van Moppès, Daphné du Maurier. Le Livre de Poche (2008). 378 pages. 6,30€.

2 commentaires:

  1. Avec tous les bons avis dessus, je vais bientôt craquer...j'ai juste peur de ne pas comprendre du coup la fin, I will see ! ;)

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  2. Là est un des intérêts du roman, dans le fait qu'on ne connaisse pas la "vraie vérité". Est-ce que les mots de Maxim sont vrais ??? J'ai lu la nouvelle traduction (https://entrelespages.wordpress.com/2015/06/05/rebecca/) à laquelle ont été remises les quarante pages manquantes. Quel roman culte !

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