8 juillet 2015

Les lumineuses - Lauren Beukes

« C'est ça, le secret de la vie, tu sais : tout le monde a peur, tout le temps. »


Voilà un roman qui me faisait de l’œil à sa sortie en grand format et dont j'ai profité de la sortie en poche pour lire. Un thriller mélangeant les meurtres et le voyage dans le temps offre une certaine originalité au résumé. Harper Curtis vit en 1931. Kirby, sa victime survivante, en 1992. Entre ces deux dates, il a tué Willie Rose, Zora ou encore Jin-sook. Toutes à des années différentes, jamais de la même façon. Elles auraient du toutes mourir mais Kirby s'en est sortie. Et elle va partir à sa recherche suivant les indices anachroniques qu'il laisse derrière au fil des ses tueries.
Lauren Beukes a réussi à créer un univers sombre, qui frôle l'horreur à certaines pages pour un thriller assez inhabituel. Le décor est posé très vite, on découvre Harper, en 1931, un marginal déjà assassin qui découvre une Maison pas normale. Et puis, saut dans le temps, on rencontre Kirby, en 1992, une jeune fille travaillant dans un journal. Quel point communs peuvent-ils bien avoir ? La réponse se dévoile au fil des pages. Les chapitres alternent les points de vue et les époques. D'abord entre Harper et Kirby seulement puis les autres apparaissent. Un chapitre pour les présenter quelques années avant. Et un chapitre pour leur meurtre. Mais pas toujours. Au milieu du livre, les victimes n'ont plus qu'un chapitre : leur mort. Comme si leur tueur était pris de frénésie. Qu'il devait les tuer le plus vite possible. Pour contenter la Maison.
Les personnages sont comme les deux faces d'une même pièce. Harper est décrit comme le Mal au service du Mal, les victimes comme des êtres doux et purs. L'auteure sait nous rendre ses personnages adorables ou détestables. Les victimes sont décrites de façon à attirer la sympathie du lecteur. Et ça marche. J'avais vaguement l'espoir qu'elles survivent. Au contraire, Harper est décrit de façon monstrueuse, sans âme. Avec un seul but : les tuer. Le voyage dans le temps devient réel chez Lauren Beukes, grâce à une Maison dont la porte s'ouvre sur le moment qu'on veut, si on connaît la clef. Les chapitres ne se passent jamais au même moment, ni au même endroit. On est perdu aux premiers abords mais cela rend la lecture plus intéressante encore. Essayer de se souvenir les chapitres précédent. Essayer de recouper les informations entre les meurtres et les découvertes de Kirby.

J'ai aimé suivre ces deux histoires parallèle, qui se coupent et se rejoignent sans cesse, pour le plus grand plaisir du lecteur qui part, lui aussi, sur les traces de ce tueur pas comme les autres. Sur les traces de ce tueur anachronique, qui semble n'avoir sa place nulle part. Un thriller teinté de science-fiction et d'un peu d'horreur à ne pas mettre entre toutes les mains mais qui vaut vraiment la peine qu'on prenne le temps de découvrir ce qu'il cache entre ces pages.

The Shining Girls, traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Nathalie Servale, Lauren Beukes. Presses de la Cité (2013). 374 pages. 22€.

1 commentaire:

  1. Comme il a l'air original ! Je suis intriguée...je vais garder le nom de ce roman dans un coin ! Merci pour la découverte (je ne crois pas l'avoir vu lorsqu'il était en grand format...)

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