25 juillet 2015

L'insaisissable - Anne Roiphe

« Partout où cet organisme avançait, flottait, dérivait et se regroupait, il effaçait, éradiquait et ignorait l'amour d'une mère pour son enfant ou le désir d'un homme pour son épouse, dévorait les souvenirs tendres ou cruels, faisait carillonner à sa suite les cloches des églises et s'empiler les cadavres sur les charrettes. »


Bienvenue à Alexandre, perle de l’Égypte du XIXe siècle. Ville mythique d’Alexandre le Grand, elle a perdu de sa splendeur au fil des siècles jusqu’à ce que le pire arrive : la mort dans l'eau. Le choléra ravage la ville et Pasteur y envoie une équipe pour tenter de trouver le microbe et créer un vaccin. Ce sont eux que l'ont va suivre tout au long de cette histoire.
On va aussi suivre le microbe du choléra, traité comme un personnage à part entière par l'auteur. Elle ne lui décrit pas de sentiment - la citation de l'article le montre bien - mais le traite comme l'organisme vivant qu'il est, décrivant sa façon de se multiplier, de se propager dans le monde et dans le corps humain. Le lecteur en arrive à être fasciné par la vie d'un microbe pas très sympa mais bon, c'est pas de sa faute semblerait-il.
La tension monte au fil des chapitres, lié à la progression de l'épidémie dans la ville mais aussi aux efforts vains des trois Français de trouver le responsable de la maladie. Toutes les options sont testées, les tests médicaux de l'époque sont décrits de façon toujours passionnante, sans jamais perdre le lecteur dans des explications trop poussées. Si vous aimez la science, vous aimerez ce roman.
Le style est bon, malgré des phrases parfois trop longues qui peuvent faire perdre le fil. Il mêle habilement faits historiques avérés et imagination de l'auteur sans se départir de sa fluidité. On s'attache à ces personnages, certains haut en couleur, que l'épidémie ne laissera pas tranquille. Les trois chercheurs ou la famille Malina, tout le monde y perds quelques plumes.

Ce n'est pas un livre d'histoire, mais ce n'est pas complètement une fiction. Dans cet ouvrage, Anne Roiphe a réussi à trouver le juste milieu entre ces deux types de littérature pour écrire un roman passionnant, teinté d'une pointe de romance sans dévier de son sujet principal : la recherche du choléra.

An Imperfect Lens, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Blondine Langres, Anne Roiphe. Editions du Sonneur (2015). 444 pages. 21€.

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