14 août 2015

Illska - Eirikur Örn Norddhal



Illska comprend trois parties : la première début avec la rencontre entre Omar et Agnes sur une aire de taxi, et le début de leur tumultueuse histoire d'amour. En même temps, on suit les réflexions de l'auteur sur des sujets aussi variés que le point Godwin, les étrangers en Islande ou la montée des partis populistes en Europe. Tout en programme.
Cette structure très inattendu du roman, on l'aime ou on ne l'aime pas. Un paragraphe sur Agnes et Omar, un paragraphe de l'auteur sur un sujet autre et hop, on recommence. J'ai bien aimé suivre l'histoire de Omar et Agnes, bien que le texte soit dès fois difficile à suivre, les dialogues n'ont pas de démarcation. Très déstabilisant. Étant été pris au jeu, j'ai appris beaucoup de choses sur le racisme inhérent en Europe.
La deuxième partie raconte l'histoire des deux grands-pères d'Agnes, pris dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale dans un petit village lituanien. A travers leur histoire compliquée, on suit aussi une partie de l'histoire de cette Europe dans la Seconde Guerre mondiale. C'est plus qu'une histoire de nazis contre des juifs. Bien plus. Cette partie m'a intéressée de part sa structure particulière aussi. Rien n'est chronologique, comme si l'auteur se souvenait de partie de l'histoire au fur et à mesure. C'est pas toujours très agréable à lire.
La troisième et dernière partie retourne à Agnes et Omar et Arnor et s'écrit comme une histoire d'amour à 3. Une histoire qui m'a laissée indifférente, je dois l'avouer.  J'ai sauté de nombreuses paragraphes puis des pages entières, parce que j'avais cette impression de tourner en rond. Et je suis une empêcheuse de tourner en rond. Pourtant, c'est une partie qui reste importante pour comprendre tout le cheminement de l'auteur et comprendre où il veut emmener son lecteur.

Voilà un roman pas facile d'accès, pas fait pour tout le monde. Il faut tenir en éveil pendant 600 pages, s'intéresser à plusieurs sujets comme les Einsatzgruppen, la montée des extrémismes en Europe et les histoires d'amour compliquée au XXIe siècle. On adhère ou pas mais on ne reste pas indifférent face à ce pavé islandais.

Illska, traduit de l'islandais par Eric Boury, Eirikur Örn Norddhal. Métailié (2015). 608 pages. 24€.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire