16 septembre 2015

Entre ciel et terre - Jon Kalman Stefansson

« Il est peu de choses aussi belles que la mer par une magnifique journée ou par une nuit limpide, quand elle rêve et que le clair de lune est la somme des rêves. »


J'aime beaucoup découvrir des auteurs venant du Grand Froid parce qu'ils me conquissent souvent. Jon Kalman Stefansson n'a pas dérogé à cette règle. Avec Entre ciel et terre, il nous offre un voyage initiatique de toute beauté aux côtés d'un gamin sans nom mais avec une grande histoire.
Après que son ami soit mort de froid lors d'une pêche, le « gamin » part à la ville rendre à son propriétaire le livre à l'origine du décès de son ami. On le suit dans son périple à travers la plaine glacée de l'Islande, sa rage envers son ami inconscient, sa haine de lui-même de l'avoir abandonné et son envie de lui rendre un dernier hommage.
A la ville, il rencontrera de nombreux autres personnes, tous liés à son histoire et à sa quête. Comme Geirþrudur, qui a épousé un ancien du village bien plus âgé que lui et va le prendre sous son aile et lui offrir un semblant de but dans sa vie. Ou encore Brynjolfur, capitaine d'un bateau de pêche qui tourne en rond dans cette nuit glaciale, sans envie de retourner en mer.
Mais ce qui fait la beauté de ce roman n'est pas que ces personnages, c'est aussi son style. L'écriture de Jon Kalman Stefansson est pleine de douceur, remplie de longues phrases partant dans des digressions poétique sur la mer, la neige ou la vie en général. On accroche ou on accroche pas, c'est une écriture qui ne fait pas de demi-mesure. Félicitation aussi au traducteur qui a sur retranscrire cette beauté de la langue de l'islandais au français.

Jon Kalman Stefansson, venu du froid, nous livre un ouvrage poétique sur l'amitié et la mort, et sur l'amitié après la mort. Le personnage du « gamin » est doux, on suit son parcours dans cette recherche de l'absolution du fantôme de son ami, mort de froid. Une belle découverte et une forte envie de lire les autres ouvrages sur le « gamin ».

Himnariki og helviti, traduit de l'islandais par Eric Boury, Jon Kalman Stefansson. Folio (2015). 253 pages. 7,50€.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire