20 janvier 2016

Le gardien de nos frères - Ariane Bois

« Le deuil n'est ni une épreuve, ni un concours. On en sort pas premier, juste infirme à vie... »


En littérature, on parle beaucoup des drames de la guerre, des exactions commises et des comportements honteux de certains citoyens. On parle peu de l'après et des difficultés rencontrés par les survivants. C'est à ce thème que s'est intéressée Ariane Bois.
Il y a Simon, 21 ans, blessé au maquis dont toute la famille a disparu dans la tourmente. Enfin presque toute. Son frère Elie, caché à Toulouse, a disparu. En colère contre son pays, il va se jeter corps et âme dans la quête des enfants cachés. Sillonnant la France à ses côtés, on découvre le meilleur et le pire de l'Humanité de l'époque.
Il y a Léna, sa compagne de recherche, survivante du ghetto de Varsovie. Sombre et taciturne, on la voit s'ouvrir doucement aux autres, par à coups. C'est un personnage qu'on ne cerne pas facilement, qu'on aime et qu'on déteste en même temps. Sa relation avec Simon, belle et franche est une vraie bouffée d'air dans ce roman.
Il y a Elie, enfant caché, qui est au centre de tout. Son ombre plane sur chaque action de Simon, sur chaque événement de sa vie. Où est-il ? Pourquoi a-t-il disparu ? Qui s'occupe de lui maintenant ? Une grande partie du roman tourne autour de lui jusqu'au dénouement, heureux ou malheureux, je vous laisse découvrir.
Il y a la France, dont on découvre la beauté des paysages et la saleté de certains de ses habitants. On découvre son espoir de jours meilleurs et sa résistance envers le discours des déportés. La France est une autruche et elle le quatrième personnage principal de ce roman.
Il y a la mission des Dépisteurs, pas toujours facile mais pleine d'humanité. Il y a les horreurs qu’ils découvrent, les enfants maltraités, les enfants convertis "de force" et leur « bourreaux » absous par la population locale. Il y a aussi la beauté au travers de ces pages, celles des Justes, celle des histoires qui finissent bien et des enfants qui apprennent à revivre malgré le traumatisme.


A travers le portrait de Simon et de Léna, sa compagne de recherche, Ariane Bois met en lumière un pan oublié de l'après-guerre tout en douceur. Un roman sur l'espoir, sur l'amour, sur la force de se reconstruire avec l'indicible. Magnifique !

Le gardien de nos frères, Ariane Bois, Belfond (2016). 384 pages. 19€.

1 commentaire:

  1. Le nom de l'auteure me dit quelque chose même si je suis incapable de la resituer ! En tous cas, le résumé de ce livre me tente énormément et ta chronique donne envie de s'y intéresser de plus près ! ;)

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