10 janvier 2016

Le manuscrit Hopkins - R. C. Sherriff

« Ce n'était plus ce disque mince et plat que l'homme avait toujours connu. C'était une balle, une balle énorme dont le centre semblait plus proche de nous que les bords. Elle se détachait du ciel, elle avait sauté des gonds rouillés du firmament et sembalit suspendue dans une tremblante incertitude entre ciel et terre. »


Bon les poulets, c'est pas sérieux tout ça. Première chronique de l'année le 10 janvier ? Vous pouvez me flageler avec des pattes de poulets, je ne vous en voudrait pas. J'ai essayé d'écrire quelques trucs ces derniers jours mais rien de ce que j'avais lu ne me donnait d'inspiration avec Le manuscrit Hopkins que j'ai fini hier soir.
A mon avis, la force de ce roman face à tous les post-apocalyptiques sorti est son personnage principal. Il est imbu de lui-même, obsédé par ses poules de concours (des poules oui oui), par les prix quelles lui rapporte ainsi que par la Lune. Il est membre de la Société britannique de la Lune et est donc l'un des premiers au monde à découvrir la vérité : la Lune va tomber sur Terre. Au lieu de s'affoler comme tous, commence son petit numéro de coq qui m'a fait rire de bout en bout : « Vous pauvres mortels vous ne savez rien tandis que moi, je sais. ». Une petite perle ce personnage, une perle qui offre toute sa force au roman. Entre deux digressions sur ses poules, il nous raconte presque jour par jour les travaux mis en place dans son village – comme partout en Grande Bretagne – pour tenter de survivre au cataclysme.
A la lecture des premières pages, un moment de doute s'est insinué en moi : allais-je pouvoir finir cet ouvrage face à ce personnage qui se la joue ? Et en fait, oui. C'est le premier livre que je finis complètement depuis 1 mois et demi et j'en suis fière. Parait que quand l'envie de lecture s'en va, il faut raviver la flamme avec quelque chose qui nous booste. Ce roman m'a boosté de bout en bout par son incongruité (sa narration), son histoire mais aussi son fonds qui, bien qu'il n'en ai pas l'air au premier abord, est une immense satire de la société anglaise contemporaine de l'auteur. On est 1939, la guerre est aux portes de l'Europe et la deuxième partie du roman, après la chute de la Lune, est une vraie référence à cette marche forcée mais c'est fait avec tellement de tact que ça ne prend pas le pas sur le post-apocalyptique de l'histoire.


Redécouvert par les éditions de l'Arbre Vengeur (j'adore ce nom) en 2009, je ne comprend pas qu'on ait laissé ce ouvrage tomber dans l'oubli pendant si longtemps. C'est incongru, un peu flippant mais c'est surtout un roman de SF qui, sous le couvert d'imagination, cache une satire sociale des britanniques de cette époque assez féroce.


The Hopkins Manuscript, traduit de l'anglais par Virginia Vernon et Daniel Apert, R. C. Sherriff. L'Arbre Vengeur (2015). 406 pages. 19€.

1 commentaire:

  1. ta note à l'air aussi drôle et chouette que le bouquin, des bisous.

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