24 février 2016

Compagnie K - William March

« Les soldats sont pas censés réfléchir. Le principe, c'est que, s'ils pouvaient réfléchir, ils seraient pas soldats. Les soldats sont censés obéir, et laisser leurs supérieurs se charger de réfléchir. »


Chef d’œuvre sur la Première Guerre mondiale outre-atlantique, écrit par un homme qui l'a vu et vécu cette guerre, Compagnie K narre le quotidien d'un régiment de soldats, de Marines américains sur le front français en 1917.
Plus qu'un roman sur les atrocités de la Première Guerre mondiale, Compagnie K est une succession de scénettes, chacune racontée par un membre de la compagnie. Des histoires sur les tranchées, sur la maladie, sur la peur de l'assaut qui ne dépassent jamais plus de 2 ou 3 pages. Des anecdotes certaines fois douces, quelques fois terribles par leur intensité ou par leur événement. Ce sont des bleus, des gamins lancés dans un merdier complet qui se retrouvent face à eux-même et à leurs peurs les plus profondes.
De l'enrôlement sur le sol américain au retour au pays et à la vie civile, rien n'est laissé de côté. C'est certaines fois seulement survolé mais toujours avec la même intensité dans la voix du soldat qui s'exprime. William March est à la fois le soldat de première classe de 20 ans qui n'avait jamais quitté son Iowa natal et le sergent-chef qui a déjà fait face au feu mais il n'est pas les chefs cachés à l'arrière qui envoient les gamins à la mort. Il est les 113 soldats de la Compagnie K, l'un après l'autre.
Sans le dire, sans le nommer, William March nourrit une forte diatribe contre les hauts-gradés, ces hommes qui ont envoyés des jeunes se faire tuer dans les tranchées pour pas grand-chose en fait. On ressent son ressentiments dans les propos de ses personnages, dans leur façon très directe de voir la réalité devant eux. C'est une guerre effroyable qu'il nous raconte, loin de la propagande de l'époque, un livre qui fait mouche parce qu'il dit vrai.


Il y a, à n'en pas douter, une grande part de vérité, la vérité de William March, dans ces pages, dans ces histoires et ces scénettes. La violence, la peur, la difficulté de survivre dignement, celle de recommencer à vivre après, rien n'est laissé au hasard. William March n'a pas digéré cette guerre et il le fait bien sentir à ses lecteurs. Une claque magistral à ne surtout pas manquer !

Compagny K, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Stéphanie Levet, William March. Gallmeister (2015). 253 pages. 9,90€.

1 commentaire:

  1. Il est dans ma PAL ! Je vais bientôt le sortir, j'ai prévu une LC avec ma soeur jumelle :D

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