11 février 2016

La maison où je suis mort autrefois - Keigo Higashino

« D'ailleurs, chacun n'a-t-il pas une maison où l'enfant qu'il était est mort autrefois ? On fait semblant de ne pas voir qu'il s'y trouve encore parce qu'on ne tient pas à le rencontrer. »


Lorsque l'on lorgne sur un roman pendant plusieurs mois, on attend beaucoup lors de sa lecture. Un jour, le protagoniste principal de ce roman reçoit un drôle d'appel de son ex-petite-amie, Sayaka : elle voudrait qu'il l'accompagne dans une quête vers son passé, sa petit enfance dont elle ne se souvient pas. Son père vient de mourir en lui laissant une clé et un plan menant à une étrange maison perdu dans les bois. Là-bas, les deux personnages vont y faire quelques découvertes.
L'action se déroule sur 2 jours uniquement mais elle est dense, très dense. On découvre une maison abandonnée mais qui semble quand même vivre encore. Comme si quelqu'un – quelque chose – était là, à attendre. L'atmosphère créé par l'auteur est stressante pour le lecteur, qui découvre chaque pièce en même temps que les deux visiteurs impromptus. Comme eux, on se pose de nombreuses questions sur cette maison, sa raison d'être et celle de son abandon.
Le mystère se resserre, lorsqu'ils tombent sur un cahier d'écolier/journal intime datant de 25 ans auparavant. Pourquoi ? Qui est cet enfant ? Quel est son lien avec Sayaka et son père ? L'intrigue m'a mis mal à l'aise, m'a fait peur et m'interroger tout du long. Malgré mes nombreuses suppositions, aucune ne s'est avérée vrai.
C'est d'un machiavélisme sans nom. L'auteur nous manipule comme des morceaux de glaise, lançant son lecteur sur une piste avant de se rétracter complètement. Les souvenirs reviennent au fur et à mesure à Sayaka mais ça ne colle pas. Des pièces disparues, des objets qui n'existent plus. Pourquoi ? Est-ce vraiment la même maison ?
Rien, rien ne m'aura plus déstabilisé que cette conclusion, cette explication tout aussi intense que l'intrigue. L'auteur joue avec les nerfs du lecteur jusqu'au bout, sans lui laisser de chance de comprendre, de découvrir la vérité par lui-même. Une vérité si effroyable qu'il faut le vouloir pour le croire !

Avec La maison où je suis mort autrefois, Keigo Higashino réussi à un coup de maître, entraînant le lecteur dans une descente dans l'horreur graduelle, doucereuse jusqu'au dénouement final. Si celui-ci est parmi ses moins bons, je ne demande qu'à tester les meilleurs !!

Mukashi bokuga shinda ie, traduit du japonais par Yutaka Mashino, Keigo Higashino. Babel Noir (2015). 254 pages. 7,70€.

1 commentaire:

  1. Il faut absolument que je lis celui-ci! J'ai l'impression qu'il doit être un niveau plus haut que le titre "Un café maison".

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