19 avril 2016

Vongozero - Yana Vagner

« Si l'on a décrété un jour qu'il valait mieux vivre à deux pas de la porte et de la fenêtre de son voisin, c'est parce qu'on s'est imaginé que la vie serait plus sûre ainsi en oubliant que n'importe quelle connaissance peut se transformer en un ennemi farouche pour peu que l'on possède quelque chose dont elle a réellement besoin. »


Anna et son mari vivent dans une jolie maison en périphérie de Moscou mais les choses ne vont plus bien. Une épidémie ravage le pays, les villes sont mises en quarantaine sans que l'on ne sache vraiment ce qui s'y passe. Sa famille décide de fuire, vers le Nord, loin de toute population pour se protéger. Mais se protéger de quoi ? C'est la question lancinante de ce roman. C'est aussi une longue fuite en avant à travers une Russie détruite que nous conte Yana Vagner. Anna et ses compagnons fuient quelque chose, une idée, une possibilité qu'on ne distingue jamais clairement. Ne pas savoir concrètement la menace derrière eux emmène le lecteur vers un cran au dessus dans l'angoisse.
On ne sait rien du virus qui ravage le pays. On sait que les grandes villes sont en quarantaine après le décès de ¾ de leur population. Pourquoi ? Comment en est-on arrivé à une extrémité pareille?L'auteur ne donne aucune réponse. Comme tout bon livre de post-apocalyptique, on nage en plein brouillard sur la raison d'un tel monde.
La vérité est que le virus n'est qu'une excuse à Yana Vagner pour monter son histoire. L'important, le centre d'intérêt, c'est la survie, pas la maladie ; Comment s'en sort-on lorsque le monde s'effondre autour de soi ? Comment se débrouille-t-on quand on ne peut plus compter sur les autres ? Le long chemin d'Anna et ses compagnons à travers les steppes enneigées nous réserve bien des surprises.
De nombreux problèmes se posent pour eux, des problèmes qui n'existent pas dans notre quotidien. Le carburant, l'or noir actuel, qui devient alors encore plus précieux. La nourriture, difficile à trouver dans un environnement pareil. La chaleur, une quête perpétuelle. Et le monde extérieur lui-même, dont toute la violence et la monstruosité ressort. La description des ravages causés par l'épidémie dans les villes et villages traversés font froid dans le dos. Des quartiers abandonnés au temps, des cadavres laissés sur le bord des routes sans sépultures et les humains, les survivants repartis à l'état presque sauvage. On découvre qu'ils sont plus dangereux que le virus lui-même. Ils n'ont plus rien à perdre.


Un livre de zombies sans zombies, une incroyable fuite à travers les steppes russes, bref un des meilleurs romans post-apocalyptiques de ces dernières années. Comme toujours, Mirobole édition à réussi sont coup avec cette publication et celle de sa suite, Le Lac.

Vogonzero, Yana Vagner, Mirobole éditions (2016). 482 pages. 22€.

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