17 juin 2016

Le tour du monde en 72 jours - Nellie Bly

« Il me suffit de penser que rien n'est impossible à qui s'en donne la peine pour me donner du courage. »

Parlons d'une de mes héroïne, Nellie Bly, une des premières journaliste d'investigation à la fin du XIXe qui, après s'être fait interner volontairement dans une asile pour femmes pour en dénoncer les dérives, a décidé d'entreprendre un tour du monde en moins de 80 jours pour battre le héro de Jules Verne, Philéas Fogg. Cet ouvrage est son compte-rendu étape par étape de cet événement sans précédent à l'époque. J'avais adoré 10 jours dans un asile publié l'année dernière alors j'étais un peu excitée pour la lecture de Le tour du monde en 72 jours qui fut une super découverte, encore une fois. Avec beaucoup de modestie, sans jamais chercher à se lancer des fleurs, Nellie Bly nous conte, étapes par étapes, voir jour par jour, son périple qui la fera partir de New-York, traverser l'Europe en train, l'Asie en bateau puis les États-Unis en train encore une fois, lors d'un retour triomphale.
Les éditions du Sous-Sol (j'aime ce nom) n'ont pas fait les choses à moitié. En plus de traduire le texte publié par Nellie dans le New York World, son employeur, il a aussi traduit les articles du New York World, publié au fil du voyage mettant en place des paris pour essayer de deviner quel temps exact elle mettrait pour y arriver. Cet intégration montre vraiment l'impact de cette histoire sur la population américaine. Ils racontent qu'elle devient une héroïne pour les petites filles de l'époque, quel honneur pour une femme encore inconnue quelques mois plus tôt. On trouve aussi un carnet de photos au milieu, des photos de Nellie mais aussi Jules Verne et une de Elisabeth Bisland, une autre femme envoyée par le Cosmopolitan Magazine pour tenter de battre Nellie - sans succès ahah. Une carte aussi, de son périple, étape pat étape est intégrée dans les couvertures intérieures de l'ouvrage. Bref, les éditions du Sous-Sol n'ont pas fait les choses à moitié, comme toujours.
Ce sont des textes qui étaient tombé dans l'oubli, une femme tombée dans l'oubli dans notre pays, que les éditions du Sous-Sol a décidé de nous faire redécouvrir depuis 2015, pour mon plus grand plaisir. Nellie Bly n'entre dans aucune des cases de l'époque, une femme libre, indépendante, qui a décidé qu'elle voulait être journaliste. J'ai beaucoup de sympathie pour elle pour son courage. Son tour du monde est extrêmement intéressant en lui-même parce qu'il prouve que, même sans notre technologie actuelle, on pouvait faire des miracles. En France, elle fait un détour pour rencontrer Jules Verne et elle est comme une enfant qui rencontre son héro, c'est tellement mignon. Jules Verne qui ne doute pas de sa réussite, comme une partie du monde. On découvre les mœurs de l'époque aussi, ce racisme inné pour les populations d'Asie, quelque chose qui ne choque par outre-mesure au vu de la date du voyage.

Lisez le tour du monde de Nellie Bly parce que vous serez dépaysé – dans le meilleur sens du terme – que vous voyagerez gratuitement dans l'espace et le temps et surtout, parce qu'elle est une femme extraordinaire qui a décidé, à une époque où ça ne se faisait pas, d'envoyer tout balader pour décider de sa vie. Et ensuite, allez dans un asile avec elle – ou l'inverse comme vous voulez. Lisez ces premiers reportages d'investigations féminin parce qu'ils valent la peine. Parce qu'il montre une autre facette de l'époque victorienne outre-Atlantique.

Around the World in Seventy-Two Days, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Hélène Cohen, Nellie Bly. Les éditions du Sous-Sol (2016). 173 pages. 16€.

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