18 juillet 2016

Le Ravin - Joyce Carol Oates

« En rêve, des visions viennent à nous. L'artiste est celui qui s'en souvient. »

Je voulais commencer ce texte, pleine fierté, « Je n'ai jamais abandonné un ouvrage de Joyce Carol Oates » mais c'est faux. Il y a quelques jours, j'ai lâché la lecture de Cher époux, qui m'a convaincu que je ne suis pas fait pour les nouvelles, même des auteurs dont je suis éprise alors j'ai lu Le Ravin. La descente aux Enfers de Matt McBride, marié et père de deux enfants, qui est un jour accusé d'avoir enlevé une artiste du coin. Artiste qui semblait obsédé par lui dans son journal. Et si l'obsession changeait de camp ?
Le Ravin, c'est Matt McBride qui lentement, perd les pédales et sombre aux bords de la folie et de l'obsession macabre. Vingt ans auparavant, une jeune fille de son lycée a disparu avant qu'on ne retrouve son corps mutilé dans un marais. Cette histoire, qui l'avait touché, va remonter du fonds de ses souvenirs pour se mêler aux événements présent. Est-il vraiment aussi innocent qu'il veut le faire croire ? Tout le talent de Joyce Carol Oates est dans la virtuosité qu'elle met a nous faire douter de tout.
On commence par être du côté de Matt, qui nous apparaît comme un civil persécuté par la police mais petit à petit, le vent tourne. Cette Diana Zwolle, obsédée par lui et son surtout, par son double photographe, va finir par occuper toutes ses pensées, elle mais aussi sa camarade, assassinée vingt auparavant. La folie s'installe dans son esprit et sa vie familiale va finir par se désagréger. C’est à partir de ce moment-là que le doute s'installe. Pourquoi un innocent arriverait-il a de telles extrémités pour une femme qu'il ne connaît pas ? Que cache-t-il vraiment ?
Alternant avec la voix de Matt, on trouve celle de NOM INCONNU, un artiste du coin dont le système de pensée semble biaisé. Sans jamais le raconter clairement, on se rend compte qu'il est l’homme que tout le monde recherche mais que personne ne soupçonne. Il est le point de mire du talent de Joyce Carol Oates, qui montre comment un homme à l'esprit si dérangé est capable de paraître bien sous tous rapport auprès du plus grand nombre.

Pour tenter de se disculper, Matt va partir sur les traces du véritable auteur de l'enlèvement. Contrairement aux apparences, le roman ne tourne pas au policier, ce n'est pas le genre de l'auteur. C'est surtout un roman qui devient une histoire sur la folie, celle de Matt qui apparaît peu à peu et celle de NOM INCONNU qui le ronge depuis longtemps. Encore une fois, Joyce Carol Oates dissèque avec brio l'âme humaine pour en montrer les instincts les plus vils.

The Barrens, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Edith Ochs, Joyce Carol Oates. J'ai Lu (2013). 377 pages. 6,20€.

1 commentaire:

  1. Encore jamais lu un roman de cet auteur et pourtant ce n'est pas faute de lire des avis dithyrambiques à son sujet ;)

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