7 août 2016

Nous avons toujours vécu au château - Shirley Jackson

« Pourquoi devrait-il être joyeux puisqu'il doit mourir ? »

Elles s’appellent Mary Katherine Blackwwod ou Merricat et Constance Blackwwod. Elles vivent dans une grande maison avec l'Oncle Julian. Elles sont ostracisée par les villageois mais on ne sait pas vraiment pourquoi. Est-ce un effet de leur imagination ou la réalité ? Le récit s'ouvre sur Mary Katherine aux courses dans le village, expliquant comment elle tente d'éviter les villageois. Écrit du point de vue de Mary Katherine, on ne sait pas trop sur quel pied danser avec elle.
Au fil des pages, des informations sont distillées sur les raisons de cet état de fait mais on ne sait pas si tout doit être pris au mot. Elles sont terrifiées par l'extérieur parce qu'un drame a eu lieu. Leurs parents sont morts, empoisonnés. Constance l'aurait fait selon l'enquête mais ce qui paraît n'est pas toujours ce qui est. Si les choses étaient différentes ? Si Constance n'était pas coupable que l'ont croit ?
Merricat est une peu spéciale. Elle croit à la force de protection des objets et en cache régulièrement sur tout le domaine de la maison. Un jour, en rentrant, elle découvre une de ses protection à terre. Quelque chose de mauvais va se passer. Leur cousin Charles arrive et tout part en vrille. Irritant et détestable, il va mettre un sacré bazar dans leur vie bien réglée. C'est ce qu'il fallait pour Mary Katherine et Constance commence à se réveiller de leur vie trop lisse.
Mary Katherine est telle d'une innocence pure ou d'un mal profond ? Son comportement oscille entre les deux, laissant le lecteur pantois tout comme sa sœur. Comme une jeune fille aussi douce que Constance a pu commettre un acte aussi grave ? Aucune réponse n'est donné au fil de l'histoire, beaucoup de questions restent en suspens à la fin.

On n'est pas indemne pendant la lecture, Shirley Jackson nous offre un roman noir d'un autre temps. Intemporel, l'histoire racontée par Mary Katherine pourrait être aujourd'hui comme il y a 30 ou 40 ans. L'auteur sait distillé la paranoïa de son personnage au lecteur, le faisant douter depuis de bout en bout. A la fin de cette lecture, je ne suis pas sûre moi-même d'en être complètement sortie. Un roman fascinant et violent que je vous conseille.

We have always live in the Castle, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-Paul Gratias, Shrley Jackson. Rivages Noir (2012). 235 pages. 8,65€.

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