30 janvier 2017

De si parfaites épouses - Lori Roy

« Une femme désespérée n'a jamais le temps de compter ni d'inspirer à fond. »

Dans une banlieue chic et blanche de Détroit, en 1958, une jeune femme disparaît. Tandis que les hommes se lancent à sa recherche, les femmes attendent les nouvelles tandis que la jolie façade du quartier se détériore petit à petit. Les apparences sont - souvent - trompeuses. 
Page après page, on découvre les personnages autour desquels tournera l'intrigue. Elisabeth, la jeune fille attardée qui disparaît, Julia la voisine qui cache une secret difficile ou encore Gracie, qui est, à mon avis, le personnage le plus important - et le plus intéressant - du roman. Il y a aussi le meurtre de cette jeune noire qui apparaît au début du roman mais qui finit par n'avoir qu'une place secondaire. Plus qu'une histoire policière, c'est surtout un étude des mœurs de ces quartiers blancs de l'époque que nous offre l'autrice.
Elle instaure un climat de tension, grattant le joli vernis pour montrer les ongles pas très jolis qui se cachent dessous. On se rends compte qu'au bout d'un moment, l'enquête passe au second plan et tout se centre sur Gracie et l'événement qu'elle a vécu et qui la ronge. J'ai aimé cette atmosphère, ce quartier qui m'a fait penser à Wisteria Lane, à cette vision idyllique que l'on a de l'Amérique blanche des années 50/60 qui fut, au cours des dernières décennies détruite.
Je dis beaucoup « Amérique blanche » pour la simple raison que le racisme est l'un des aspect de ce roman. Une petite banlieue de famille blanche de bonne souche qui, petit à petit, est obligé de se mélanger avec les nouveaux arrivants de couleur. Ces habitants que l'on considère plus proche des animaux que des hommes, qu'on imagine vouloir s'en prendre à nos femmes et nos enfants, qui sont les premiers soupçonnés quand Elisabeth disparaît. Lori Roy a su recréer avec brio la vision de l'époque sans tomber dans la caricature.
On parle aussi place des femmes dans ce roman. Les avancées en matière de droit des femmes n'était pas des plus importants à l'époque et on le voit bien. Là encore, l'autrice sait montrer les choses sans partir dans les clichés. Plusieurs fois, j'ai maugrée à voix haute contre les personnages féminins qui se laissaient bien trop faire par leur mari et leur entourage en général. Certains comportements sont, aujourd'hui, incompréhensible (enfin presque).

Pour résumée, un policier qui se penche avec brio sur la vie pas si jolie d'un petite quartier chic et blanc de l'Amérique des années 1950 en s'intéressant à la vie de ces femmes au foyer. Un enquête policière qui passe vite au second plan, sans que cela dérange. Un très bon roman, à lire pour l'atmosphère pesante bien mise en place par l'auteure.

De si parfaites épouses de Lori Roy, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Valérie Bourgeois, Editions du Masque (2015). 311 pages. 20€.

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