15 janvier 2017

Les Combattantes - Liouba Vinogradova

« Je n'ai pas assez vécu pour une biographie. »

Les femmes et la guerre est un sujet qui m'intéresse vivement. Il y a un an, je vous avais déjà parlé de La guerre n'a pas un visage de femme de la Prix Nobel de Littérature 2015, Svetlana Alexievitch. En début d'année 2017, j'ai lu Les combattantes de la russe Liouba Vinogradova, un essai sur les femmes aviatrices dans l'Armée Rouge. L'Union soviétique fut la seule - outre l'armée chinoise - à accepter que les femmes se battent sur le front même des opérations.
Après la révolution, le pays fut le premier a déclarer l'égalité entre les sexes, pour permettre la ré-industrialisation rapide du pays. En 1941, les femmes furent enrôlées dans l'armée de l'air. Appelées « les sorcières de la nuit » par les allemands parce qu'elles pilotaient de petits avions silencieux pour laisser se déverser des tonnes de bombes sur les positions allemandes. 
Puisant dans une documentation innombrable, ayant interviewé elle-même les dernières survivantes de ces escadrilles, elle conte leur(s) histoire(s). Toutes jeunes, voir très jeunes, ayant entre 20 et 30 ans pour la plupart et vivre leurs premières année d'adulte en guerre. Galia, Macaha, Valia, Marina ou encore Lilia, Liouba Vinogradova suit leur parcours de leur recrutement en 1941 à l'un des événements majeurs de leur histoire en tant que régiment.
Lilia Litviak - ou Lydia Litvyak en russe - âgée d'à peine 20 ans lors de son enrôlement est le fil conducteur de l'essai. Considérée aujourd'hui comme la meilleure pilote féminine de l'Armée Rouge de part son nombre de vols mais aussi d'avions ennemis abattus, disparue en mission à l'aube d'août 1943. Salie après sa mort, elle ne sera réhabilitée plusieurs décennies plus tard. A travers les témoignages des ceux qui l'ont connus, on découvre une jeune fille pleine de vie, un peu effrayée par la mort mais pas trop, amatrice de sensations fortes et une amie difficile à oublier.
Elle et ses compagnes vont faire face à des préjugés, une vision très masculine de la guerre de la part de leur hiérarchie et se battre pour pouvoir monter au front. Plus que leurs homologues masculins, elles ont du prouver leur bravoure pour être respectées, sur le front arrière mais aussi, pendant la bataille de Stalingrad, la plus meurtrière de la guerre.
Accompagné d'une dizaine de pages de notes et de sources, le travail de recherche de l'auteure a porté ses fruits. On peut piocher avec plaisir dans la liste des ouvrages qui l'ont aidé à écrire son ouvrage même si très peu ont eu des traductions en français à l'heure actuelle, des romans, des biographies, des témoignages d'époque, elle ne s'est posé aucune limite pour écrire. Personnellement, ma wish list s'est légèrement agrandie à la fin de ma lecture.

A travers cet essai, Liouba Vinogradova rend hommage à ces femmes courageuses, à travers un tendre portrait. A travers les photos insérées dans l'ouvrage, on découvre les visages de ces jeunes filles, leur redonnant encore un peu plus vie. Aussi érudit qu'humain, se lisant comme un bon roman sur la guerre, on s'attache à ces personnes tout en intégrant des informations sur les femmes dans l'Armée Rouge. Sorti chez Héloïse d'Ormesson en septembre dernier, prenez le temps de découvrir cette (H)istoire.

Les Combattantes : Les aviatrices soviétiques contre les as de la Luftwaffe de Liouba Vingradova, traduit du russe par Polina Patrouchina, Larisse et Darya Clarinard, Héloïse d'Ormesson (2016), 447 pages, 25€.

2 commentaires:

  1. Oh, tu as changé l'apparence de ton blog, non ? C'est lui sans être lui, mais j'aime beaucoup, c'est très sympa ! ;)

    Sinon, pour en revenir au livre eh bien, il me fait très envie ! Je te remercie pour la découverte...j'ai dans ma WL La Guerre n'a pas un visage de femme, qui traite sensiblement du même sujet...je crois qu'il va falloir que je les ajoute tous deux rapidement à ma PAL. ^^

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    1. Oui, j'ai changé le fond qui me plaisait plus !

      Quand j'ai posté que je l'avais lu sur Livraddict, j'ai eu quelques likes sur la publication. Je réfléchi à peut-être le faire voyager auprès d'autres bloggeur !

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