18 janvier 2017

L'Origine du monde - Liv Strömquist


Parlons bande dessinée en cette froide soirée de janvier (les rimes t'as vu ça). Pour mes 25 ans, on m'a offert L'Origine du monde de Liv Strömquist, un ouvrage sur l'image et l'idée que l'ont s'est fait du sexe féminin au cours des siècles. S'inspirant pour le titre du célèbre tableau de Courbet, elle déploie des trésors de connaissance pour ses lecteurs.
Divisé en quatre partie, Live Strömquist nous offre d'abord un petit rappel - qui n'est pas de trop - sur ces hommes qui ont trop parlé de sexe féminin. De Saint Augustin à Freud, elle explique comment ces hommes ont réfléchis au sexe féminin, sans jamais demander leur avis aux femmes, bien entendu. On oscille entre l'horreur et le rire face aux « avancées » de ces hommes en matière de sexualité. J'ai donc appris qu'on reconnaissait les sorcières à leur « drôle de mamelle » (sic), qu'on a sorti la Reine Christine de Suède de son caveau pour vérifier qu'elle n'était pas « pseudo-hermaphrodite » ou encore, que la vulve a disparu des radars après l'apparition du christianisme dans les mentalité (oh wait).
Le deuxième chapitre est tout aussi intéressant, vu qu'il nous parle... je vous le donne en mille, de l'orgasme ! Longtemps, il est resté tabou, considéré comme inutile à la reproduction (mais pas le masculin blague). Ça parle relations sexuelles mais aussi masturbation, avec beaucoup de plaisir. On a cette impression qu'à chaque pas en avant d'un chercheur/penseur, tous les autres en font deux en arrière. Elle arrive à faire d'un sujet hallucinant, un chapitre drôle, bourré de références et d'ironie. Selon Jane Sharp (même les femmes si mettent), « le clitoris est le pénis femelle », clitoris dont on a découvert la véritable taille (10 centimètres mec) au XXe siècle seulement et il faudra attendre les années 1960 pour que l'orgasme féminin reprenne sa place centrale dans la sexualité, endroit qu'il n'aurait pas du quitter.
Le dernier chapitre lui s'intéresse au tabou féminin ultime : les règles. Vous savez, cette perte de sang naturelle qui fait s'écrier de dégoût beaucoup de gens ? Aux origines, les règles étaient au centre de la vénération qu'avaient les hommes pour la Terre-mère, considérées comme source de vie. Le christianisme, notre grand ami, a rendu ce processus naturel impur, mauvais. Comme le dit le Lévitique: « La femme qui aura un flux, un flux de sang en sa chair restera sept jours dans son impureté. Quiconque la touchera sera impur jusqu'au soir ! ». Joie et bonheur une fois par mois, nous sommes bien d'accord.
Le style de Liv Strömquist n'est pas le plus facile d'accès, il est probable qu'il ne plaise pas à tous. Il ne m'a pas plus, la grossièreté des traits est loin de ce que j'apprécie en matière de dessin mais ne vous arrêtez pas à ça. Le propos est bien trop intéressant, trop important pour se laisser arrêter par le dessin. Liv Strömquist l'utilise plus comme support à son propos que comme intérêt central de son ouvrage.



Un bande dessinée dont le but premier est d'instruire son lecteur, de l'informer sans trop alourdir les choses. Un sujet difficile d'accès, polémique (ne nous le cachons pas), raconté avec beaucoup d'humour, d'ironie qui permet de faire passer la pilule. On se révolte souvent au vu des croyances traversées au cours de l'Histoire mais on referme cet ouvrage avec l'impression, la sensation qu'on s'est instruit. Une bande dessinée essentielle à mettre vraiment entre toutes les mains.

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